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Soutien à Charlie Hebdo: "Refuser cette loi de la peur, de la violence et de l'intolérance"

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Plus de 100.000 personnes se sont rassemblées mercredi en fin d'après-midi dans toute la France pour rendre hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo. RMC était sur place. Témoignages.

Une rose, une bougie ou un stylo à la main, des milliers d'anonymes ont voulu témoigner leur soutien aux proches des victimes. Au total, ce sont plus de 100 000 personnes se sont rassemblées mercredi en fin d'après-midi dans toute la France, selon un décompte de l'AFP, pour rendre hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo.

A Paris, 35 000 participants, selon la préfecture de police, se sont réunis place de la République, non loin du siège du journal satirique, à l'appel de plusieurs syndicats, associations, médias et partis politiques. Dans la foule, il y avait Olivier, habillé avec un t-shirt sur lequel il y avait écrit "Je suis Charlie". "Cabu, Charb', Wolinsky… Ce sont vraiment des héros de ma jeunesse. C'est extrêmement bouleversant… Mais au-delà de ça, il y a beaucoup plus grave, car c'est le symbole d'une attaque contre la démocratie, contre la liberté d'expression. Cela me semble essentiel de refuser cette loi de la peur, de la violence et de l'intolérance", assure-t-il au micro de RMC.

"Il ne faut pas avoir peur"

Lecteurs du journal ou non, de gauche ou de droite, jeunes et moins jeunes, les manifestants étaient tous venus dans le même but : défendre la liberté d'expression. "Je suis là pour proclamer haut et fort qu'il ne faut pas avoir peur, que les démocraties sont fortes, qu'elles reposent sur des valeurs. Parmi elles, il y a la liberté de la presse, la tolérance, la laïcité… et c'est pour défendre ces valeurs que je suis là", souligne pour sa part Christian dans Bourdin Direct.

Patrick venu avec le dernier numéro du journal satirique, paru hier, espère que "Charlie Hebdo n'est pas mort car ce serait une grosse perte pour la presse libre dans ce pays". A Lyon, ce sont entre 15 000 et 18 000 personnes qui se sont recueillies sur la place des Terreaux, en centre-ville. "Peu importe ce qu'on pense de notre pays, les évènements, la barbarie… aujourd'hui on est tous touchés", témoigne Nicolas, un crayon, la pointe brandit vers le ciel. Arnaud, lui, a apporté un exemplaire du journal satirique avec le prophète Mahomet sur la Une : "Certes un journal a été touché mais à mon envie la liberté d'expression, l'humour, la liberté tout court resteront intouchables malgré cette attaque aussi violente".

"Je ne veux laisser personne me dicter quoi que ce soit"

En Allemagne aussi, l’émotion était grande. Spontanément et en silence, des centaines de personnes se sont réunies devant l’Ambassade de France à Berlin. Gabriele ne voulait en rien manquer cet hommage, une marque de solidarité : "Aujourd'hui des personnes pensent pouvoir limiter notre liberté avec des Kalachnikovs. C'est fondamental de les combattre". Stefan, journaliste, ne cache pas ses inquiétudes : "Ce qui s'est passé à Paris peut aussi se passer ici et ça me fait un peu peur. Je veux pouvoir parler des thèmes qui me sont importants et je ne veux laisser personne me dicter quoi que ce soit". Les victimes de Charlie Hebdo n'auraient certainement pas dit autre chose.

M.R.