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Tags: "C’est irrespectueux, mais cela reste une forme d’art"

En 2014, la ville de Paris a nettoyé plus de 339 113 m² de murs de tags.

En 2014, la ville de Paris a nettoyé plus de 339 113 m² de murs de tags. - AFP

TEMOIGNAGES - C’est le cauchemar des services de nettoyage de toutes les municipalités. En 2014, le lessivage des murs de Paris a coûté plus 4 millions d’euros à la ville.

Paris ne veut plus voir d'encre sur ses murs, surtout si ce sont des tags. L'année dernière, la ville a nettoyé 339 113 m² de murs. Soit plus de 30 terrains de foot. La tâche est telle qu'elle doit la sous-traiter à 3 entreprises, qui se sont réparti les arrondissements.

Tout particulier peut signaler un tag, via l'application "DansMaRue". Un travail difficile car en plus de la tension qu'il peut exister entre nettoyeurs et tagueurs, les équipes de terrain peuvent nettoyer un mur qui sera recouvert quelques heures seulement après leur départ. Au total, 155 767 interventions ont été nécessaires en 2014.

Un parking constamment tagué

Dans le seizième arrondissement de Paris, cela va faire un an que le parking de Susanna est constamment tagué.

"Ici, il y en a partout partout," montre-t-elle à RMC. Un an qu'elle le nettoie, jour après jour. Aujourd'hui elle a décidé, littéralement, de jeter l'éponge.

"A chaque fois que vous nettoyez, ils reviennent et font de nouveaux tags", s'agace-t-elle.

"Le but, c'est de marquer son territoire"

Thibaut est un adepte de la bombe de peinture depuis l'âge de neuf ans... Et il ne compte pas arrêter de recouvrir les murs. "Le but de faire des tags, c’est justement d’être le plus présent possible, comme un chien qui va pisser, qui va marquer son territoire et qui dit: ‘je suis passé par là’."

"C’est irrespectueux, mais cela reste une forme d’art," ajoute ce jeune tagueur.

Encres bouillies

Alors pour nettoyer les tags et les graffitis, la mairie de Paris sous-traite à des entreprises qui utilisent des produits de plus en plus puissants... Peine perdue, selon Thibaut. "Il y a plein de graffeurs qui font même bouillir leur encre, pour laisser ce que l’on appelle un fantôme.

Donc il reste une trace, même après le passage des services de nettoyage. " A Paris en 2014, le nettoyage des tags et graffitis a coûté plus de 4 millions d'euros.

C. P. avec Constantin de Vergennes