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Tanguy, Alzheimer à 55 ans: "Notre fils n’a jamais parlé de la maladie"

Deux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer sur trois ne parlent pas de leurs difficultés à leur entourage. (Photo d'illustration)

Deux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer sur trois ne parlent pas de leurs difficultés à leur entourage. (Photo d'illustration) - AFP

TEMOIGNAGES - En France, on compte 900.000 personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer et 225.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. RMC donne la parole à une famille dont le père, Tanguy, a été diagnostiqué à l’âge de 55 ans.

C'est la journée mondiale de lutte contre la maladie d'Alzheimer. Et selon un sondage OpinionWay, publié la semaine dernière pour l'association France Alzheimer, deux personnes atteintes de la maladie sur trois ne parlent pas de leurs difficultés à leur entourage. De peur de faire souffrir ou de gêner leurs proches, ou encore par peur d’être jugées.

En France, on compte 900.000 personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer et 225.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Laurence Rossignol, Secrétaire d’Etat chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie, officialise ce lundi le lancement du premier village Alzheimer de France, qui doit ouvrir en 2018 dans les Landes.

"Ca a été dur vis-à-vis des enfants"

RMC a rencontré Tanguy, un malade âgé de seulement 60 ans. Cela fait cinq que ce père de famille, yeux pétillants et barbe poivre et sel, a été diagnostiqué. Sorties culturelles, vélo, autant d'activités qu'il continue à pratiquer, notamment avec ses enfants. Mais lorsqu'il s'agit de parler de sa maladie d'Alzheimer, c'est plus compliqué.

"Ca a été dur vis-à-vis des enfants", témoigne Tanguy. "Marin, notre fils, n’a jamais parlé de la maladie. Je ne vais pas approfondir, parce que je sens qu’il est gêné, mal à l’aise par rapport à ça".

"Un enfant est toujours en train de progresser"

Se taire pour protéger les enfants. Au quotidien, c’est un sacerdoce, confie Anne-Marie, la femme de Tanguy.

"Avec les gens avec qui l’on vit au quotidien, c’est plus difficile justement de dire ‘je suis en difficulté’ et de reconnaître qu’on est diminué", raconte-t-elle. "Et par rapport à un enfant, c’est difficile. Parce qu’un enfant, justement, est toujours en train de progresser. Et il voit son père, qui est en perte de certaines choses".

Et près de la moitié des patients interrogés disent aussi avoir peur de trop solliciter leur entourage.

C. P. avec Marie Dupin