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Des cartes virtuelles qui s’arrachent: Sorare, l'album Panini 2.0

Avec trois millions d’utilisateurs dans le monde pour ces cartes virtuelles, l’entreprise française Sorare cartonne. Mais attention au risque de pertes.

Depuis des décennies, c’est la star des cours de récré: l’album Panini, avec ses images autocollantes à collectionner et à échanger. Mais un autre type de cartes fait un véritable carton auprès des supporters adultes. C’est l’album de foot Panini nouvelle génération: Sorare. C’est Français et ça se présente comme une plateforme d’échange de cartes de foot virtuelles. On s’inscrit, on ouvre des paquets et on obtient des cartes de joueurs de dizaines de clubs et équipes différents –dont l’équipe de France-, qui sont plus ou moins rares (communes, rares, super rares ou uniques). Unique, ça veut dire que vous êtes le seul au monde à posséder cette carte virtuelle. Comment vous pouvez en être sûr? Parce qu’on se base sur une technologie qui s’appelle NFT, qui permet de graver dans la pierre numérique (la blockchain) des "titres de propriété virtuels".

Ces cartes, vous les possédez, vous pouvez ensuite collectionner, échanger ou revendre. Vous avez tout un système d’enchères. Et là, ça ne rigole pas. Ça peut aller de quelques centimes d’euros pour un joueur peu coté à plus de 600.000 euros pour une carte d’Erling Haaland! On rappelle qu’on parle d’objets purement virtuels, de quelques pixels sur un écran. Ces cartes, on peut aussi jouer avec, c’est du "fantasy football". Avec vos cartes, vous allez pouvoir composer une équipe virtuelle, et en fonction des performances des joueurs dans la vie réelle, vous allez avoir un classement, remporter des lots, d’autres cartes rares... On peut aussi miser sur l’avenir: acheter la carte d’un jeune joueur pour presque rien en misant sur le fait que c’est peut-être le prochain Mbappé... Ou acheter les cartes d’un joueur blessé, décotée, en se disant qu’il va performer par la suite. Donc il y a un côté spéculation. Bref, c’est un mélange de cartes à collectionner, de jeu vidéo et de cryptomonnaies...

Ne misez que ce que vous êtes prêt à perdre

C’est aussi une forme de spéculation. Et c’est tout le problème des NFT et des cryptos. Personne ne sait combien ça vaudra dans 10 ou 20 ans… Des millions ou rien du tout: certains estiment que tout ça n’est qu’une bulle, d’ailleurs les prix se sont effondrés ces derniers mois avec ceux des cryptomonnaies. Clairement, ne misez que ce que vous êtes prêt à perdre. En tout cas, le concept connaît un succès fou. Trois millions d’utilisateurs dans le monde, dans 180 pays. Dont Kylian Mbappé ou Antoine Griezmann, qui ont investi dans cette entreprise qui vaut aujourd’hui plusieurs milliards. Cela ne s’arrête pas aux cartes de foot d’ailleurs. Ils viennent de passer des partenariats avec la NBA, la MLB… On est dans une tendance de fond chez les collectionneurs: les NFT prennent plein de formes différentes... Dans le sport, les NBA "top shots" sont des courtes vidéos d’actions tirées de matchs, dont vous pouvez devenir propriétaire. Un clip de quelques secondes de LeBron James s’est vendu autour de 200.000 euros. De plus en plus d’artistes se servent de cette technologie pour vendre leurs œuvres. Certains groupes de musique commencent à sortir leurs albums sous cette forme, en très peu d’exemplaires, avec des bonus destinés aux collectionneurs.

Quant aux bonnes vieilles cartes Panini, elles existent toujours, sous forme d’album physique mais aussi en dématérialisé. Cela prend la forme d’une application, Panini stickers, à peu près aussi addictive que les images qu’on collait quand on était enfant. C’est le même principe mais en virtuel: on télécharge l’application, on a l’album gratuitement ainsi que quelques paquets d’images qu’il faut ouvrir (on trouve aussi des codes bonus sur internet pour avoir des paquets gratuits). Et ensuite ; on colle virtuellement les images sur l’album. On peut aussi échanger les images qu’on a en double avec d’autres joueurs en ligne. De nouveaux paquets gratuits apparaissent tous les jours et on en obtient aussi quand on achète des paquets d’image physiques.

Anthony Morel