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Elon Musk veut tester ses implants cérébraux sur des humains d’ici six mois

En plus de Tesla et Twitter, Elon Musk est décidemment un homme très occupé. Cette nuit, il a présenté les dernières avancées de ce qui est sûrement son projet le plus fou: Neuralink, une entreprise qui veut relier notre cerveau à des ordinateurs grâce à des puces électroniques. Il a annoncé des premiers tests sur des humains d’ici six mois.

Des implants cérébraux pour relier l’homme et la machine. Un projet à la frontière entre la biologie et la technologie, qui avance à vitesse grand V. Ce qu’a annoncé Elon Musk cette nuit, c’est qu’il veut tester ses implants neuronaux sur des humains d’ici six mois. Ils ont fourni tous les documents nécessaires à la FDA (Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux), après des tests sur des animaux. Vous vous souvenez peut-être de la dernière démonstration il y a un an et demi, qui montrait un singe jouer à un jeu vidéo par la simple force de la pensée. Cette fois, on a eu droit à un singe qui déplaçait le curseur d’une souris et activait les touches d’un clavier virtuel de la même manière. Il ne sait pas ce qu’il écrit, mais on le voit se concentrer sur une lettre, puis sur une autre… C’est ça, le projet Neuralink: un implant électronique placé directement dans le cerveau, qui permet de contrôler un ordinateur ou un smartphone à distance. En gros, cet implant va capter les signaux électriques envoyés par le cerveau, les décoder et les transformer en langage informatique. Il suffirait par exemple de penser à une phrase pour qu’elle soit retranscrite à l’écran. Génial pour une personne paralysée, par exemple. D’ailleurs, les premières applications pour cette technologie seront médicales, c’est ce qu’a répété Elon Musk. Cette technologie pourrait potentiellement rendre la vue à des personnes qui l’ont perdue ou redonner une mobilité complète à des patients paralysés.

A terme, Neuralink aura ses propres cliniques. L’opération durera 15 minutes et se fera de manière totalement autonome. C’est une machine, un robot spécifiquement conçu pour ça, qui s’en occupera. L’implant à proprement parler fera la taille d’une pièce de monnaie, complétement invisible, et équipé d’une batterie qu’on peut charger sans fil. Point important: on pourra le remplacer avec des versions plus récentes. Avec Elon Musk, c’est toujours compliqué de dire ce qui relève de la vraie avancée scientifique et du marketing. On manque encore de publications scientifiques dans des revues à comité de lecture pour donner de la crédibilité à tout ça. Et quand on parle avec des experts des interfaces cerveau machine, ils sont assez critiques…

Vers la création d’un humain augmenté ?

Pour Elon Musk, avec les smartphones, on est déjà devenus des cyborgs. C'est une extension électronique de nous-mêmes. Mais il faut passer à l’étape d’après… C’est là où ça devient à la fois fascinant, vertigineux et franchement effrayant: ces puces permettraient à monsieur et madame tout le monde de donner une puissance informatique à leur cerveau, d’en doper les capacités... Bref, de créer un humain augmenté. Et pour ça, il va falloir qu’on interagisse beaucoup plus vite avec la machine. Elon Musk part du principe qu’aujourd’hui, pour traduire une pensée en mots ou en image, on est à l’âge de pierre. Il suffit de regarder la vitesse à laquelle on tape un message sur son smartphone. Peut-être que dans quelques années, le fait de tapoter l’écran tactile d’un smartphone nous semblera aussi archaïque que celui d’écrire avec une plume d’oie. Selon Elon Musk, il l’a répété cette nuit, ce serait le seul moyen pour que les humains puissent rivaliser et être compétitifs face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle! Ce serait presque une question de survie en temps qu’espèce.

Anthony Morel