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La technologie au service de la sécurité alimentaire

Les récents problèmes sur l’hygiène des produits alimentaires rendent la population très méfiante sur ce qu'elle mange, achète... Mais il existe des applications accessibles au grand public qui permettent de suivre les contrôles sanitaires dans de nombreux commerces.

Après les scandales Buitoni ou encore Kinder, la sécurité alimentaire a fait son retour dans les préoccupations des Français. Mais plusieurs applications et technologies font apparition pour qu'on puisse surveiller ce qu'il y a dans notre assiette en toutes circonstances.

Depuis 2017, le ministère de l'Agriculture a développé ALIM’CONFIANCE. Chaque jour, cette application recense les derniers contrôles sanitaires de plusieurs types d’établissement: magasins d’alimentation générale, boucheries, charcuteries (dont les rayons des grandes surfaces), boulangeries, pâtisseries, poissonneries, primeurs, producteurs fermiers, lieux de restaurations collectives mais aussi des établissements agroalimentaires (abattoirs, stocks chez des transporteurs,…). Disponible sur mobile, elle propose de connaître le niveau d’hygiène et de maîtrise sanitaire de tous ces établissements avec quatre niveaux: très satisfaisant, satisfaisant, à améliorer et à corriger de manière urgente.

Un assistant virtuel pour les restaurateurs

Parmi les applications, il y en a aussi une dédiée elle aux restaurateurs qui peuvent traquer les produits qu’ils achètent: l’outil traQfood se veut le nouvel assistant du restaurateur. Cette application permet le contrôle en temps réel de la qualité des produits, de la traçabilité alimentaire, du respect de la chaîne du froid, du stock ou encore la propreté de l’établissement.

La solution, fonctionnant sur abonnement, assure le stockage dématérialisé des étiquettes de traçabilité. Le professionnel peut aussi procéder aux contrôles à réception des marchandises, au suivi des tâches du plan de nettoyage, aux relevés de température des chambres froides. Une fonction d’aide à la limitation au gaspillage est également proposée. L’outil déclenche aussi des alertes lorsque la date limite de consommation d’un produit approche.

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La blockchain pour tracer les poulets

Et puis il y a la Blockchain, cette technologie de code informatique inviolable qui permet de remonter depuis le magasin jusqu’au producteur. De nombreux industriels s’y sont mis dans le but d’apporter davantage de transparence aux consommateurs mais aussi d’éviter les scandales sanitaires.

La blockchain, c’est cette chaîne de caractères informatiques unique qui va être attribuée à un produit. Des informations seront ensuite ajoutées tout au long de chacune des étapes de la chaîne de production : approvisionnement, transformation, conditionnement, commercialisation.

Les grands groupes alimentaires qui utilisent la blockchain ne l’appliquent pour l’heure que sur quelques produits ou gammes de produits.

Carrefour est l’un des premiers à avoir développé cette technologie en France en développant la "blockchain du poulet": un code inviolable qui suit à la trace les volailles de leur lieu de production aux rayons du magasin, l’ensemble des informations état accessibles via un QR Code, imprimé sur l’étiquette du produit. Carrefour a par la suite développé cette technologie pour les œufs et les tomates de saison. 1.000 produits alimentaires et textiles sont concernés, sur plusieurs dizaines de milliers proposées en magasin. Les produits concernés sont souvent déjà catégorisés comme « bio » ou « responsables ».

Ces dernières années, d’autres se sont lancés dans ce type d’initiatives : Auchan, Danone, Nestlé, Mondelez, Herta ou encore les farines Francine. Le problème c’est que cette traçabilité ne s’adresse que sur des produits peu transformés. Il faudrait aussi que les clients utilisent davantage ces technos pour qu’elle se développent encore plus : 80.000 clients, sur environ 80 millions dans le monde, ont été "informés par la blockchain" en 2021.

La marque Casino, qui avait lancé en 2017 un système de blockchain sur du miel notamment, a quant à elle stoppé le développement de la technologie sur ses produits, faute d’utilisation par ses clients.

Frédéric Simottel (édité par MM)