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Pornographie chez les enfants: "Aujourd’hui, dès 8-9 ans, ils sont exposés"

Emmanuel Macron a donné six mois aux acteurs de l'internet pour mettre en place un système de contrôle parentale par défaut. Mais pour le président d'Ennoncence, ça ne suffira pas.

Un contrôle parental par défaut pour éviter que les enfants ne traînent sur les sites pornographiques. Les acteurs de l'internet ont 6 mois pour mettre en place ce système, a annoncé mercredi Emmanuel Macron lors d'un discours de présentation du plan contre les violences faites aux enfants à l'UNESCO. Il a également demandé que les sites pornographiques contrôlent l'âge de leurs visiteurs, qui déclarent actuellement leur majorité avec un simple clic.

En effet, le code pénal interdit l'accès aux sites pornographiques aux moins de 18 ans. Mais ça, c'est pour la théorie. En pratique, quand on est mineur: "On va sur les sites et on n’a même pas besoin de mettre de mots de passe ou quoi, on y va directement. Il y a écrit moins de 18 ans ou pas et on accepte tous même si on n’a pas 18 ans", explique un jeune homme. 

Et c'est justement la crainte de nombreux parents. Catherine a mis en place le contrôle parental pour sa fille.

"Ça empêche d’aller sur certains sites. On rentre certaines références sites et après tout le reste est bloqué. C’est-à-dire qu’elle va sur les sites en fonction de ce que nous, on autorise. Et puis il faut pour accéder aux sites un mot de passe", détaille cette maman. 

Le contrôle parental, une solution limitée ? 

Généraliser ce contrôle parental reste la meilleure solution selon Justine Atlan, la présidente de l'association e-enfance. C'est aux acteurs de l'internet de régler le problème, comme leur a demandé Emmanuel Macron. "Il faut qu’ils embarquent par défaut le contrôle parental pour tous les outils numériques. Qu’on soit habitué à ça. Ça fera partie des manipulations qu’il faudra faire, quand on est mineur", affirme-t-elle.

Le gouvernement se donne un an pour que cette mesure soit effective. Pourtant pour Gordon Choisel, président d’Ennoncence, estime que le contrôle parental ne réglera pas tout. En effet, il estime que l’âge moyen auquel un enfant est confronté à de la pornographie a encore baissé et tourne aujourd’hui autour de 8 à 9 ans. 

"Les images pornographiques apparaissent de manière involontaire. Un enfant va regarder un dessin animé en streaming, une fenêtre pop-up s’ouvre et c’est une image pornographique. C’est-à-dire que le porno apparaît sur des sites non-porno. Et celui-ci ne sera pas bloqué par le contrôle parental", explique-t-il.

Le gouvernement se donne un an pour que cette mesure soit effective. "Si dans six mois nous n'avons pas de solution, nous passerons une loi pour le contrôle parental automatique", a annoncé Emmanuel Macron.

Martin Cadoret et Camille Schmitt avec Guillaume Descours