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Transformer l'air en eau: pas un tour de magie, bientôt une réalité

On parle beaucoup de pétrole et de gaz en ce moment, mais une autre ressource va se raréfier dans les années qui viennent: l’eau potable. Des innovations assez incroyables sont en train de voir le jour pour remédier à cela.

L'eau est une ressource précieuse... et un produit sur lequel la tech se penche de plus en plus ces dernières années. Cela va être un enjeu majeur –écologique et économique- dans les décennies qui viennent car d’ici 2050, 5 milliards d’êtres humains auront un accès insuffisant à l’eau potable.

Beaucoup d’innovations sont ainsi créés pour tenter de répondre à cette urgence. La première que l'on peut noter, c’est ce qu’on appelle des fontaines atmosphériques. Des dizaines de startups et de labos de recherche travaillent sur le sujet depuis des années, et c’est vrai que le principe fait rêver. Des machines qui vont aspirer de l’air et "recracher" de l’eau.

Génial sur le papier, mais...

Dans l’air que l’on respire, il y a de la vapeur d’eau -on le voit bien quand on génère de la buée par temps froid. Pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas extraire cette vapeur et en faire de l’eau potable dans les zones qui en manquent? C’est le principe de ces machines, comme celle de Watergen, une entreprise israélienne. Ca ressemble à une grosse fontaine à eau, comme celles qu’on trouve dans les entreprises, sauf qu’on n’a jamais besoin de la remplir. La machine aspire de l’air, le fait passer dans un échangeur thermique, et au contact du froid, avec la condensation, des gouttelettes, comme de la rosée, vont se former. Jusqu’à ce qu’on puisse se servir un verre ou une bouteille.

L’eau est purifiée de toutes les saletés, agents pathogènes et autres, pour la rendre potable. Il existe des modèles plus ou moins gros: des modèles familiaux qui peuvent produire une trentaine de litres d’eau potable par jour. Plusieurs milliers de litres pour les plus grosses. Mais aussi des modèles pour les voitures ou les camping-cars par exemple.

Une eau immédiatement disponible, pas besoin de tuyauterie ni de bouteilles. Génial sur le papier, après il n’y a pas de miracle non plus: ces machines, il faut les alimenter en énergie et elles sont plutôt gourmandes -un peu comme l’air conditionné dans une voiture ou les climatiseurs- c’est leur gros point faible pour l’instant.

Ces usines qui transforment l’eau de mer en eau douce

Des usines de désalinisation ou de dessalement: il y en 16.000 dans le monde. Mais aucune solution n’est parfaite. Il existe des usines de désalinisation, qui vont, par un processus de distillation ou de filtration, retenir le sel et produire de l’eau douce. Sur le papier c’est top, puisque 95% de l’eau sur terre est de l’eau de mer.

Mais là encore c’est une solution qui est coûteuse d’un point de vue énergétique, et qui peut aussi, en fonction des moyens techniques utilisés, être très polluante, car on rejette des effluents très chargés en sel, au risque d’abîmer les fonds marins et de perturber les écosystèmes.

Et si on prenait l'eau des icebergs?

Autre projet complétement fou: certains imaginent même qu’on pourrait remorquer des icebergs vers les côtes pour en extraire de l’eau douce. Les icebergs, qui sont des morceaux de glaciers, formés par accumulation de neige, sont constitués d’eau douce.

C’est donc une autre piste qui est explorée sérieusement depuis les années 70: celle de remorquer par bateau des icebergs du Groenland ou de l’Antarctique. Il s’en détache tous les ans, des blocs immenses d’eau douce, qui disparaissent en fondant dans l’eau salée de l’océan.

Le projet a été réactivé en 2019 par les Emirats arabes unis, qui va dépenser 70 millions d’euros pour des tests de remorquage depuis l’Antarctique. Un gros iceberg de 30 millions de tonnes (200m de long pour 75m de haut) peut fournir 30 milliards de litres d’eau, la consommation annuelle d’une ville de 500.000 habitants.

Anthony Morel (édité par J.A.)