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Tensions à Sivens: "On a peur qu'il se passe quelque chose"

Les gendarmes bloquent depuis samedi les deux principaux accès au site contesté de retenue d'eau à Sivens (Tarn), après de vives tensions entre zadistes et agriculteurs à cinq jours d'une décision du Conseil général sur un projet de remplacement. Reportage.

C’est une semaine décisive pour l’avenir du barrage de Sivens ! Une semaine à haut risque aussi. À partir de ce lundi matin, à l’appel des JA (Jeunes Agriculteurs) et de la FDSEA du Tarn, les agriculteurs pro-barrage vont bloquer le site pour mettre la pression sur les pouvoirs publics. Ils veulent que les décisions de justice soient appliquées. En clair, que les occupants soient expulsés du site. Pour éviter tout débordement, la police bloque depuis samedi les deux principaux accès. Mais sur place la tension est vive comme l'a constatée RMC.

"Il y en a marre de cette zone de non-droit"

"On veut mettre la pression sur les pouvoirs publics afin que les règles de justice soient respectées. En effet, la justice s'est prononcée il y a dix jours en disant que l'occupation des zadistes est illicite et illégale et qu'ils devaient être expulsés sans délai", explique Laurent Viguier, secrétaire général de la FDSEA du Tarn. Alors que les agriculteurs sont ulcérés de voir les terres de certains exploitants sont occupés par plusieurs dizaines d'opposant au barrage, ce responsable syndical assure toutefois "ne pas vouloir de la violence et être simplement là pour que l'Etat fasse appliquer la loi".

"Il y en a marre de cette zone de non-droit. Ça n'a que trop duré, il faut que la vallée retrouve sa quiétude", indique pour sa part Roland Le Grand le président des Jeunes Agriculteurs du Tarn. Et de souligner: "Nous sommes déterminés à ce que l'Etat de droit revienne. Pour cela, nous resterons fermes, sans aller à l'affrontement".

"L'Etat prend d'énormes responsabilités"

De leur côté, les occupants de la ZAD, la zone à défendre, n’ont pas l’intention de lever le camp. Dans Bourdin Direct, Christian Conrad, opposant au barrage et responsable du collectif du Testet, dit craindre l’escalade: "On redoute la violence des pro-barrages". Et comme preuve de la non-violence des opposants, il ajoute: "Sur la ZAD, il y en a qui veulent partir, qui sont partis car ils ne trouvent pas d'utilité à être là".

"L'escalade est là. Je suis désemparée parce qu'on sait très bien que les choses vont très mal et que les gens sont très énervés. On a peur qu'il se passe quelque chose", s'emporte sur RMC, Maryline Lherm, la maire de L’Isle-sur-Tarn, commune sur laquelle se trouve le site de Sivens. Pourtant, elle l'assure: "Je n'arrête pas de le dire au préfet, aux représentants de l'Etat et j'ai l'impression qu'on ne nous entend pas alors que les riverains ne peuvent plus attendre". Dès lors, selon elle, face à cette situation de plus en plus explosive, "l'Etat prend d'énormes responsabilités".

Maxime Ricard avec Jean-Wilfrid Forquès