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Travail le dimanche: "Si j'avais le choix de passer plus de temps avec mes enfants…"

Une banderole lors d'une manifestation contre l'augmentation du nombre de dimanche travaillé

Une banderole lors d'une manifestation contre l'augmentation du nombre de dimanche travaillé - PIERRE ANDRIEU / AFP

La loi Macron pour la croissance et l'activité arrive ce lundi à l'Assemblée nationale. Un projet de loi qui comprend en tout quelque 200 articles dont la très controversée question du travail dominical. Parmi les réfractaires, bon nombre d'associations craignant que les femmes ne deviennent les premières victimes de cette loi. Explications.

L'emblématique projet de loi Macron arrive ce lundi à l'Assemblée nationale pour deux semaines de débats. Ce texte a pour ambition affichée de lever des "blocages" de l'économie. Les débats s'annoncent houleux dans l'hémicycle. A tel point que l'"union nationale" décrétée depuis les attentats pourrait voler en éclats.

Parmi les 200 articles de ce projet de loi, il y a la très controversée question du travail dominical. Parmi les réfractaires, bon nombre d'associations craignant que les femmes ne deviennent les premières victimes de cette loi. C'est en tout cas le cri d'alarme que lancent plusieurs associations dont le groupe féministe "Les effrontées" et l'UNAF, l'union nationale des associations familiales.

"Cela arrondi quand même bien les fins de mois"

Dans le secteur du commerce, 80% des salariés sont des femmes. Des caissières, des vendeuses qui, à l'avenir, pourraient être davantage sollicitées (le projet de loi Macron prévoit de passer de 5 à 12. Dimanche travaillés dans l'année, ndlr). Car si sur le papier seules les volontaires seront amenées à travailler, dans les faits, dans le contexte de crise actuelle, beaucoup n'auront pas le choix. C'est le cas d'Edwige, 38 ans.

Depuis quatre ans, elle travaille un dimanche sur deux dans un magasin de vêtements. Un jour payé double autant dire que le calcul est vite fait. "J'ai entre 200 et 300 euros bruts de bonus sur mai paye. Cela arrondi quand même bien les fin de mois", explique-t-elle au micro de RMC. Une somme qu'elle ne peut négliger car elle depuis "mère célibataire" et "toute seule avec un appartement à payer, je ne peux pas cracher dessus".

"C'est important que toute la société chôme un jour"

Mais travailler le dimanche, c'est aussi un sacrifice car cela veut dire passer moins de temps avec ses deux garçons. "J'explique toujours pourquoi je fais ça, que c'est pour pouvoir payer les vacances, leur donner ce dont ils ont besoin", assure-t-elle. Edwige ne se sent en rien "une mauvaise maman": "Si j'avais le choix de passer plus de temps avec mes enfants…" Pour Fatima Benomar, membre du collectif "Les Effrontées", si on augmente le nombre de dimanche travaillé, c'est l'équilibre des familles qui risque d'être menacé.

"Ce qui détruit une famille c'est le fait de ne pas pouvoir être ensemble", certifie-t-elle dans Bourdin Direct. En passant de 5 à 12 dimanche, "il y a une possibilité que certains parents ne voient pas leurs enfants le week-end trois mois dans l'année". Et de rappeler, "c'est important que toute la société chôme un jour. Un jour à passer en famille". A noter que pour protester contre ce projet de loi, une manifestation est prévue ce lundi à 13h, à Paris, à l'appel de la CGT, FO, FSU, Solidaires et de plusieurs collectifs féministes.

Maxime Ricard avec Juliette Droz