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Travailler la nuit ? Les salariés de Sephora Champs-Élysées devraient voter pour

Vue du Sephora Champs-Élysées.

Vue du Sephora Champs-Élysées. - Kenzo Tribouillard - AFP

Les salariés du Sephora des Champs-Élysées vont pouvoir donner leur avis sur l'ouverture du magasin jusqu'à minuit en votant à bulletin secret du 3 au 7 octobre. L'accord signé il y a deux semaines prévoit le doublement du salaire après 21h. Les salariés rencontrés par RMC semblent favorables à ce projet.

Pour ou contre le travail de nuit ? Les salariés de Sephora vont choisir par référendum. Ils sont appelés par leur direction à se prononcer par vote du 3 au 7 octobre dans le magasin qui se trouve sur les Champs-Élysées. Les quelque 200 salariés répondront à cette question : "Êtes-vous favorable à l'ouverture de votre magasin après 21h dans les conditions de l'accord signé le 16 septembre et affiché dans le magasin ?".

Cet accord prévoit plusieurs compensations aux horaires de nuit : doublement de salaire pour les heures travaillées après 21h, 12 euros par heure travaillée en chèque emploi service pour les parents d'enfants de moins de 15 ans, remboursement des frais de taxi pour les courses après 23h.

Aujourd'hui les horaires d'ouverture de Sephora sur les Champs-Élysées sont les suivants : du lundi au dimanche de 10h à 20h. Les salariés terminent au pire à 21h. Mais le projet prévoit une fermeture à 00h. Une ouverture nocturne rendue possible par la loi Macron promulguée en août dernier, le magasin étant situé dans l'une des douze zones de tourisme international à Paris.

"Travailler le soir et gagner plus, c'est motivant"

Les salariés devront voter, à bulletin secret. Dire si oui ou non ils acceptent l'ouverture du magasin jusqu'à minuit. Cédric a 10 ans d'expérience chez Séphora et il sait déjà quel bulletin mettre dans l'enveloppe. "Je suis pour le travail de soirée. C'est ce que me convient le mieux. Je travaillais déjà avant le soir, et c'est ce que je préférais. Je ne demande pas mieux". L'idée du referendum, pour lui c'est une excellente chose : "C'est important que le salarié puisse choisir, travailler soit le jour soit le soir". Et puis, conclut-il, "travailler le soir et gagner plus, c'est motivant".

Salaire doublé pour ceux qui souhaitent travailler le soir, pour Guillaume Martin, délégué CFTC, ça ne fait aucun doute : "C'est un bon accord. C'est du gagnant-gagnant". D'ailleurs, il n'a aucun doute sur le résultat du vote : "Je sens une forte adhésion dans le magasin. Ça peut être un coup de pouce financier. Il y a beaucoup de salariés qui sont étudiants, et les horaires du soir leur permet d'avoir un emploi tout en étudiant".

"De qui on se moque ?!"

Laurent Degoussé, délégué syndical SUD, ne partage pas cet enthousiasme. "La majoration de salaire à 100% à partir de 21 heures, c'est bien, mais c'est déjà prévu par la loi, donc en réalité on n'a rien négocié en plus. Autre exemple: on nous dit qu'on va nous payer le taxi à partir de 23 heures, mais vous faites quoi entre 22h et 22h59 ? Vous vous débrouillez pour rentrer chez vous. Les autres magasins c'est à partir de 21h, donc de qui on se moque ?!".

Les syndicats auront toujours la possibilité de contester l'accord sur le travail de nuit devant les tribunaux. Mais prendront-ils le risque d'aller à l'encontre du vœux des salariés ? Une consultation similaire a été tenue dans la boutique Marionnaud des Champs-Élysées, en août dernier. Les salariés ont dit "oui" à 95%.

Philippe Gril avec Pierre Rigo