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UMP et PS accueillent fraîchement la candidate FN de 2012

Militants du Front National à Tours. L'élection de Marine Le Pen à la présidence du Front national a été accueillie fraîchement dimanche par les responsables politiques de droite et de gauche. /Photo prise le 16 janvier 2011/REUTERS/Stéphane Mahé

Militants du Front National à Tours. L'élection de Marine Le Pen à la présidence du Front national a été accueillie fraîchement dimanche par les responsables politiques de droite et de gauche. /Photo prise le 16 janvier 2011/REUTERS/Stéphane Mahé - -

PARIS (Reuters) - L'élection de Marine Le Pen à la présidence du Front national a été accueillie fraîchement dimanche par les responsables...

PARIS (Reuters) - L'élection de Marine Le Pen à la présidence du Front national a été accueillie fraîchement dimanche par les responsables politiques de droite et de gauche.

Créditée de 16,5% à 18% dans les sondages, la fille de Jean-Marie Le Pen veut "assécher" l'UMP et constitue une menace pour les prétendants à l'Elysée, en particulier Nicolas Sarkozy.

"Attention danger !", a dit l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, la jugeant "probablement" plus dangereuse que son père "parce que l'emballage est plus avenant".

"Les thèses principales sont extrêmement violentes. Elle voudrait que l'Etat face la guerre aux musulmans", a-t-il dit sur Radio J.

"La réalité c'est un anti-musulmanisme virulent" doublé du voeu d'"une France-bunker contre l'Europe, ce qui aboutirait à des catastrophes économiques totales", a-t-il ajouté.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a rejeté l'idée d'une alliance entre l'UMP et le FN dans le futur et jugé qu'"il n'y a pas de changement entre Jean-Marie Le Pen et sa fille".

"C'est toujours la même extrême droite, c'est toujours le même Front national", un parti marqué par "l'incapacité à proposer la moindre solution face aux problèmes que rencontrent les Français", a-t-il dit sur Europe 1.

"L'extrême droite en Europe essaye de prospérer sur le populisme" et, face à cela, l'UMP doit "répondre aux préoccupations, aux questions majeures de nos concitoyens: la sécurité, la lutte contre l'immigration clandestine, réaffirmer la valeur du travail", a-t-il ajouté.

Ségolène Royal, candidate du PS à la présidentielle de 2007, a souligné qu'avec Marine Le Pen, "on a là maintenant un parti en ordre de marche, avec une candidate, avec un projet".

"Le Front national va prospérer sur trois idées simples: la trahison de toutes les promesses politiques de Nicolas Sarkozy (...), la paupérisation des Français qui souffrent de précarité dans tous les domaines - donc le thème de la sécurité est essentiel pour les catégories populaires - et la crise de l'Europe" avec la promesse du retour au franc, a-t-elle ajouté sur Canal Plus.

Marine Le Pen, qui s'efforce depuis sept ans de "dédiaboliser" et de donner une image plus moderne du FN, espère non seulement rééditer en 2012 la performance de son père, qui s'était hissé au second tour de la présidentielle en 2002, mais faire mieux encore pour transformer le FN en un grand parti populaire de gouvernement.

Les élections cantonales de mars seront un premier test de sa capacité à élargir l'assise électorale du parti.

Jean-Baptiste Vey

REUTERS