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Un an après Grenoble, Hollande dénonce l'inaction de Sarkozy

Interpellation en août 2010 à Grenoble. Un an après le discours musclé de Nicolas Sarkozy sur la sécurité dans la métropole iséroise, le PS et le FN ont fustigé samedi l'inaction du gouvernement en matière de sécurité et les annonces non suivies d'effet.

Interpellation en août 2010 à Grenoble. Un an après le discours musclé de Nicolas Sarkozy sur la sécurité dans la métropole iséroise, le PS et le FN ont fustigé samedi l'inaction du gouvernement en matière de sécurité et les annonces non suivies d'effet. - -

PARIS (Reuters) - Un an après le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur la sécurité, François Hollande dénonce l'"inaction" du chef de...

PARIS (Reuters) - Un an après le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur la sécurité, François Hollande dénonce l'"inaction" du chef de l'Etat et promet, s'il est élu en 2012, d'engager des moyens contre l'insécurité.

Dans le "Dauphiné Libéré", paru samedi, le candidat à la primaire socialiste se dit frappé par "l'écart entre la provocation verbale du discours et l'inaction concrète de la politique" du chef de l'Etat.

François Hollande retient surtout des "annonces fracassantes" faites il y a un an par Nicolas Sarkozy qu'elles ont été "soit abandonnées", comme la déchéance de nationalité, "soit annulées par le Conseil constitutionnel."

"Quant au démantèlement des camps de Roms, qui avait suscité tant de réactions justifiées y compris au plan européen, la circulaire du ministère de l'Intérieur a dû être abrogée et les pouvoirs des préfets limités encore une fois par le Conseil constitutionnel", souligne-t-il.

Prié de dire s'il entend réconcilier la politique de sécurité et la gauche, le responsable socialiste dit vouloir en tout cas "incarner une cohérence dans l'action".

"Pour combattre la violence, les trafics et les bandes, il faut agir non par des incantations bruyantes ou des inflations législatives, mais par des mesures concrètes et continues qui passent par une politique éducative, économique, sociale, urbaine et pénale", dit-il.

L'ancien Premier secrétaire du PS reproche ainsi à Nicolas Sarkozy d'avoir supprimé 10.000 postes de policiers et gendarmes depuis son accession à l'Elysée alors qu'il en avait créé autant lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.

Interrogé sur les moyens qu'il consacrerait à la sécurité tout en respectant les objectifs de réduction de la dette publique, François Hollande répond: "Il y a des domaines où il faudra renforcer notre action : c'est l'éducation et la sécurité intérieure, d'autres où il faudra faire des économies".

Il prône parallèlement des réponses pénales plus rapides et mieux adaptées aux nouvelles formes de délinquance, assorties d'un suivi pendant et après la période d'incarcération pour éviter la récidive.

Le député UMP Eric Ciotti, qui avait présenté des mesures choc après le discours de Grenoble, a fait à nouveau parler de lui cette semaine en proposant un service citoyen pour les mineurs délinquants encadré par d'anciens militaires.

François Hollande propose pour sa part que les mineurs délinquants "soient écartés de leur quartier en ouvrant des établissements de rééducation renforcés bien plus nombreux qu'aujourd'hui."

Gérard Bon, édité par Jean-Loup Fiévet

REUTERS