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"Un Cri d'Alarme", une campagne de sensibilisation pour lutter contre les dangers du monoxyde de carbone

RMC vous le révèle en avant-première ce jeudi, à l'occasion du congrès des sapeurs-pompiers à Tours, lancement d'une campagne de sensibilisation aux risques du monoxyde de carbone. Baptisée "Un Cri d'Alarme ", elle a pour objectif de lutter contre les dangers du monoxyde de carbone et surtout multiplier la prévention en France.

Chaque année en France, d'après l'Institut national de Veille sanitaire (INVS) 3.500 personnes sont victimes d'intoxication au monoxyde de carbone (CO) et une centaine perd la vie. C'est la première cause de décès par intoxication en France. De plus, 21 millions de logements en France sont estimés à risque (toujours selon l'INVS), c'est-à-dire qu'ils renferment une source potentielle de monoxyde de carbone. Alors, à l'occasion du congrès des sapeurs-pompiers, qui a débuté ce mercredi à Tours, selon nos informations, une campagne de sensibilisation, baptisée "Un cri d'alarme", aux risques de monoxyde de carbone va être lancée.

Cette campagne permet de se renseigner, d'améliorer sa protection et d'alerter ses proches car beaucoup de Français ignorent les dangers du monoxyde de carbone. Et pourtant celui-ci tue en moins d'une heure. Rencontré par RMC, Lionel en a été victime avec son amie dans son sous-sol alors qu'il faisait des travaux. Il utilisait un chariot élévateur marchant au gaz. "Mon amie est tombée. Moi, sur le moment, je lui ai vite porté secours. Je l'ai soulevée pour la sortir hors du local. Elle s'est réveillée d'elle-même une fois qu'elle était à l'air libre", témoigne-t-il.

"Aérer les pièces 10 minutes par jour"

Et d'assurer: "Je n'ai senti absolument aucune odeur. Rien n'a pu me faire comprendre que le monoxyde se répandait lorsque l'élévateur fonctionnait". Comme Lionel, 3.500 personnes sont donc victimes du monoxyde de carbone chaque année. Pour Paul Villain, président de l'Association des Brûlés de France, la France est très en retard en matière de prévention du monoxyde de carbone. Il estime donc que cette campagne de sensibilisation est "un nouveau cri d'alarme parce que nous nous sommes occupés des détecteurs de fumée mais pas du monoxyde de carbone".

"Nous souhaitons que ce genre de détecteurs soient installés dans tous les foyers à risque au même titre que les détecteurs/avertisseurs de fumée, insiste-t-il. De ce fait, nous pourrons ainsi diminuer le nombre de blessés et de décès sur le territoire". Stéphane Boubet, pompier et chef du centre de secours principal de Versailles, explique qu'il existe déjà quelques réflexes permettant d'éviter l'intoxication: "C'est bien d'aérer la pièce un minimum de 10 minutes par jour et surtout ne pas boucher les aérations prévues dans chaque habitation". "La seule façon de vérifier que l'on n'ait pas de concentration est de s'équiper d'un détecteur de monoxyde de carbone", ajoute-t-il. Et si celui-ci se déclenche, il faut agir le plus vite possible: éteindre les appareils comme les poêles ou le groupe électrogène, sortir de l'habitat et surtout alerter les secours.

M.R avec Mélanie Delaunay