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Une entreprise embauche son ancien patron comme salarié: "Maintenant c'est nous tous le patron"

A Yssingeaux, les salariés de l'imprimerie ICS ont gardé leur patron comme simple salarié.

A Yssingeaux, les salariés de l'imprimerie ICS ont gardé leur patron comme simple salarié. - CC - Nappiness

Les 17 salariés de l'imprimerie ICS en Haute-Loire, repreneurs de leur entreprise après une liquidation judiciaire ont décidé de recruter leur ancien patron, désormais simple salarié.

Rémy Philippe n'a pas changé de bureau mais a changé de casquette. L'ancien patron de l'imprimerie ICS à Yssingeaux est désormais salarié et continue d'exercer au sein de l'entreprise en tant que commercial uniquement. Une situation qui le rend heureux.

"C'est un sentiment de réussite qui vient au moins un petit peu balayer les affres de passé. Aujourd'hui je ne suis plus le patron mais je suis toujours corvéable à merci comme par le passé pour que ça fonctionne", explique-t-il. 

Pourtant il y a quatre ans, les comptes de sa société étaient dans le rouge après un investissement inadapté et fin 2015, l'entreprise est placée en liquidation judiciaire. Mais face aux difficultés de l'entreprise, c'est lui qui avait suggéré à ses salariés d'alors de créer une Société coopérative et participative (Scop). Un choix payant pour lui puisque les 17 salariés désormais associés majoritaires ont décidé de le garder.

"On aurait pu faire sans lui mais ça aurait été beaucoup plus compliqué. Les clients le connaissent, ont confiance en lui. Il fallait mieux le garder", reconnaît l'un des nouveaux cogérants, Jean-Marc Marzona.

"Quand je parle de lui je dis le patron"

"C'était tellement plus simple de le garder parce qu'au final la personne qu'on cherchait pour le mettre à cette place, il avait les compétences. Il connaît ce qu'on peut faire, là où on est bon, là où on est moins bon" résume Franck Deplancke, un autre cogérant. Même si la liquidation judiciaire est encore dans tous les esprits, même l'ancien patron avait droit à une seconde chance estime Anthony, l'un des 17 salariés à avoir réinvesti dans la société.

"Il a fait une erreur, on en tient compte mais tout le monde fait des erreurs. Ca ne me dérange pas, je l'aime bien. Mais j'ai quand même du mal à m'y faire que ce ne soit plus notre patron. Des fois quand je parle de lui je dis le patron, mais maintenant c'est nous tous le patron", se réjouit-il. 

L'imprimerie fonctionne de nouveau à plein régime, l'entreprise cherche même à embaucher trois nouveaux ouvriers spécialisés.

C. B avec Gwenaël Windrestin