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Vente de Rafale à l'Egypte: "Nécessaire d'assurer la sécurité du Canal de Suez"

Invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce lundi matin, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a évoqué, à quelques heures de son départ au Caire, la vente de 24 Rafale à l'Egypte.

C'est historique. La France va formaliser ce lundi la première vente à l'export de son emblématique avion de chasse, le Rafale, au profit de l'Egypte. L'accord porte sur 24 appareils mais aussi une frégate multimissions FREMM et des missiles fabriqués par MBDA, pour un montant de 5,2 milliards d'euros. Accompagné notamment par le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier, Jean-Yves Le Drian sera au Caire ce lundi pour signer le contrat de vente avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Mais auparavant, invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, le ministre de la Défense a évoqué "ce contrat exceptionnel pour la France et pour la reconnaissance de la qualité de l'industrie de défense en France".

Il estime que cet accord va "valoriser à la fois nos relations avec l'Egypte mais surtout le Rafale, un avion de chasse que l'on avait un peu trop coutume de dévaloriser et qui aujourd'hui retrouve des couleurs à l'exportation". En substance, il affirme que "ce succès est celui de la technologie française. Il ne faut donc pas bouder notre plaisir". A noter que l'opération a été bouclée en quelques mois seulement, après que le président égyptien a fait part de son intention d'acheter des matériels militaires français.

"Essentiel pour la stabilité à venir du Moyen-Orient"

Ce lundi dans Bourdin Direct, Jean-Yves Le Drian est revenu sur ces négociations et les raisons de la vente de ces Rafale à l'Egypte, dont des avions de combat ont bombardé lundi des positions du groupe Etat islamique (EI) en Libye. "Le président al-Sissi a d'abord une nécessité stratégique: assurer la sécurité du Canal de Suez par lequel passe une grande partie du trafic mondial. C'est la première raison de l'urgence d'avoir à la fois les capacités navales et aériennes pour assurer cette sécurité ", souligne le ministre de la Défense.

Mais l'Egypte doit "aussi faire face au risque fondamentaliste au Sinaï" et enfin "lutter contre le fondamentalisme jihadiste". Il rappelle aussi que "l'Egypte est un pays essentiel pour la stabilité à venir du Moyen-Orient, raison supplémentaire pour le président Sissi d'assurer sa propre sécurité," et d'acquérir des Rafale donc. "La décapitation spectaculaire, morbide, de chrétiens coptes assassinés en Libye par Daesh est une autre raison d'avoir des éléments de sécurité dans cette région" a-t-il encore dit.

Des preuves de la présence de Daesh en Libye

Dans Bourdin Direct, Jean-Yves Le Drian a donc confirmé la présence du groupe Etat Islamique en Lybie : "Il y a dans le chaos libyen des risques de jonction entre ce qu'est Daesh au Levant et Daesh en Libye. Aujourd'hui preuve est faite qu'il y a des centres d'entraînement et des actions spécifiques de Daesh en Libye. La Libye, c'est de l'autre côté de la Méditerranée, c'est très proche de nous, d'où la nécessité d'être très vigilant et d'être allié avec les pays de la coalition, comme l'est l'Égypte".

Pour autant, la France pourrait-elle à nouveau intervenir en Libye? "La question ne se pose pas comme cela, affirme le ministre de la Défense. Il est certain qu'il y a aujourd'hui des risques en Libye mais il est certain aussi que la solution du chaos libyen ne peut être que politique. En tout cas, cette question est un enjeu pour la communauté internationale".


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Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin