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Discrimination à l’emploi: "on m’a fait comprendre que je ne conviendrais pas à cause de mes origines"

D’après une enquête commandée par le ministère du travail en 2016, le taux global de réponses positives reçues pour un candidat d'origine maghrébine est de 9 %, contre 20 % pour les candidats d'origine européenne. Une discrimination à l'embauche dont a été victime Amine, titulaire d’un bac +5 et auditeur de 100% Bachelot.

Pour être embauché, mieux vaut avoir un prénom ou un nom à consonance française que maghrébine. C'est ce que démontre une étude réalisée pour le ministère du travail en 2016. D'avril à juin, une quarantaine d'entreprises ont reçu des candidatures fictives de même niveau. Sur la totalité des réponses positives, seulement 9% concernaient une candidature dite "maghrébine" contre 20% pour une candidature dite "hexagonale". Une discrimination que certaines banques ou compagnies d'assurances ont clairement formulé à Amine, en lui expliquant que sa culture n'était pas compatible avec les clients. 

"J’ai un Bac +5 en pilotage des organisations, c’est-à-dire que je suis manager. Les boites où j’ai senti cette discrimination sont surtout des banques et des compagnies d’assurances. Je me suis présenté à plusieurs entretiens, dont un qui m’a marqué, parce que l’entretien c’était très bien déroulé. J’avais réussi les examens psychotechniques et ma candidature plaisait. Pourtant, au dernier entretien, on m’a fait comprendre que je ne convenais pas à la clientèle de l’entreprise. On m’a dit que, de par mes origines, j’avais une appartenance à l’islam, et qu’au niveau de la culture ça ne conviendrait pas".

Pour Amine, dès que les qualifications augmentent, la discrimination se fait de plus en plus forte. "J’ai un autre très bon exemple avec une compagnie d’assurance. J’étais avec un ami qui passait aussi l’entretien et qui ne s’appelait pas Amine. Il a été retenu pour le poste et moi, on m’a fait comprendre que pour intéresser la compagnie, je devais venir avec un portefeuille clientèle. La discrimination existe davantage quand vous touchez à certains postes clefs. J’ai des amis dans la main-d’œuvre, dans le bâtiment, qui n’ont aucune difficulté à trouver du travail, même le dimanche. Par contre, dès que vous touchez à des postes de cadres, de dirigeants, de managers, on voit beaucoup moins de maghrébins, d’asiatiques ou d’africains. C’est dramatique en France, où on est tous sensé être Français à titre égal, avec les mêmes droits".

100% Bachelot avec A.B.