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GM&S: "on est en train de faire mourir tout un bassin d'emplois, de détruire des familles"

Une marche de soutien aux salariés de l'équipementier automobile GM&S Industry, menacé de liquidation, a rassemblé quelques milliers de personnes mardi en Creuse, avec des appels au président Macron pour sauver le site et avec lui "tout un territoire".

Une fois nommé, le gouvernement va très vite être contraint de se pencher sur les plans sociaux et projets de restructuration dans le pays. A ce jour, plus de 4.000 salariés risquent de perdre leur emploi en France. Parmi les dossiers brûlants, l'équipementier automobile GM&S Industry. Mardi prochain, l'entreprise risque le placement en liquidation. Au total, 279 salariés risquent de perdre leur emploi. Ce mardi, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou étaient à leur chevet. Mais c'est Emmanuel Macron qu'ils veulent voir. Ou à défaut, le futur ministre de l'Economie. Et ce, avant la fin de semaine.

"Il va falloir que le nouveau gouvernement intervienne, qu'il étudie comme il faut le dossier et qu'il tape du poing sur la table, souhaite Didier, 30 ans d'ancienneté dans l'usine. Il faut qu'on arrête de perdre nos emplois en France, notamment chez les sous-traitants en automobile". Et d'estimer que la venue d'Emmanuel Macron "serait un signal fort". Philippe, de son côté, dresse le profil du futur ministre de l'Industrie qu'il espère voir nommer: "Il faut avoir quelqu'un qui sache comprendre le travail des gens. Il paraît que notre dossier est déjà sur son bureau. Nous serions donc une priorité".

"On n'a pas encore été assez virulent"

Pour sauver le site de La Souterraine (Creuse), Emmanuel Macron n'a pas le choix: il doit forcer PSA et Renault à reprendre les commandes selon Jean-Marc Ducourtioux, délégué CGT. "C'est le premier travail qu'il doit réaliser. Et, sachant que le gouvernement est quand même actionnaire dans les deux entreprises, ce serait dommageable qu'il ne puisse pas taper du poing sur la table pour faire avancer notre dossier. Je pense qu'il a des billes pour pouvoir les faire plier".

Dominique, qui travaille depuis 36 ans chez GM&S, estime, lui aussi, que le nouveau chef de l'Etat doit rapidement prendre en main le dossier: "Whirlpool c'est classé donc maintenant il y a le dossier GM&S. et j'estime que c'est un gros dossier. On est en train de faire mourir tout un bassin d'emplois. On est en train de détruire des familles. C'est énorme. Je pense que si l'Etat ne fait rien dans les deux jours qui vient, il va falloir qu'on bouge encore plus. On n'a pas encore été assez virulent".

M.R avec Anaïs Bouitcha