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Son fils a passé 14 mois en prison, "on lui a cassé une dizaine de dents, j’ai pensé le perdre"

Un livre blanc doit être remis ce mardi à Bernard Cazeneuve et Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la Justice afin de trouver des solutions aux problèmes actuels de la prison. Caroline, mère d'un enfant qui a passé 14 mois en prison, a raconté l'enfer qu'elle a vécu dans 100% Bachelot.

Surpopulation, conditions carcérales atroces, radicalisations, violences… Les prisons françaises sont au bord de la rupture. Caroline, mère d’un fils qui a passé 14 mois en prison, a vécu l’enfer. Entre racket, violence et dépression, son enfant a tout connu. Dans 100% Bachelot, elle reproche à la justice d’avoir condamné son fils, qui n'était pas un récidiviste, à une peine disproportionnée.

"J’ai vécu cette expérience par mon fils qui a passé 14 mois en prison. Il a conduit sans permis sous l’effet de stupéfiant. Il a d’abord été sur Nice avant d’être transféré aux Baumettes et ensuite à Tarascon. Pour ce genre de délit, j’aurais préféré que mon fils soit condamné à des travaux d’intérêts général, pour qu’il soit sociabilisé et qu’il paye sa dette. Mais il n’avait pas sa place en prison".

Caroline raconte ensuite l’enfer qu’a vécu sa famille. Elle recevait elle-même des menaces de certains détenus, directement sur son téléphone, pendant que son fils se faisait frapper en prison. "Il est sorti au mois de novembre et va très bien. J’ai un fils qui a pris beaucoup sur lui. En prison, on lui a cassé une dizaine de dents et il a fait des tentatives de suicide. J’ai pensé perdre mon fils à un moment donné. Heureusement, il y a des gens que j’estime beaucoup qui sont les gendarmes de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) qui m’ont beaucoup aidé et qui viennent encore parler à mon fils aujourd’hui. Quand il était aux Baumettes et à Tarascon, ça s’est très mal passé. Les surveillants ont été obligé de le mettre en sécurité par moment, parce qu’il se faisait racketter et était menacé par d’autres détenus".

"Des détenus voulaient que j’envoie des mandats"

"Moi-même, j’ai reçu des messages sur mon portable alors que j’ignore comment ils ont trouvé mon numéro. Des détenus voulaient que j’envoie des mandats, enfin j’ai vécu l’horreur. Dans les parloirs, c’était infâme. L’attente des parloirs… On n’a même pas envie de s’asseoir, et de toute façon, on n’a rien pour s’asseoir tellement c’est sale et vétuste. Mon fils a attrapé la gale, il a eu des punaises de lit, c’était horrible".

100% Bachelot avec A.B.