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Pannes d'ascenseur à répétition à Aulnay: "tout devient compliqué, monter les courses, les enfants..."

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Le collectif Plus sans ascenseur lance une pétition. Ces habitants des quartiers populaires de la banlieue parisienne dénoncent les pannes à répétition des ascenseurs de leurs HLM. "Epuisant", pour Abdel qui habite au 11e étage dans un immeuble d'Aulnay-sous-Bois.

Abdel, 35 ans, vit depuis 32 ans dans un logement HLM d'Aulnay-sous-Bois, il fait partie du collectif Plus sans ascenseur:

"Dans mon immeuble, il y a des problèmes récurrents d'ascenseur, on ne s'en sort pas. Quand tu pars le matin, il fonctionne mais tu ne sais pas si ça sera toujours le cas le soir en rentrant. Moi, j'habite au 11e étage. J'ai 4 enfants, dont deux en bas-âge, et quand l'ascenseur est en panne, je les emmène dormir chez mes parents qui habitent dans un pavillon pas très loin.

J'ai grandi dans cet immeuble, au début ça allait, mais depuis 10 ans ça devient épuisant. Ce n'est pas possible. A partir du 2e étage, tout devient compliqué: monter les courses, les enfants. Et à partir du 3e c'est épuisant. Souvent quand il y a une panne, c'est réparé mais deux heures après, il est de nouveau en panne. C'est comme ça tout le temps.

Très souvent, si j'oublie quelque chose chez moi et que je m'en rends compte en bas, je ne remonte pas!

"Ma voisine se sert de sa voiture comme d'un placard"

Ma voisine de palier est seule avec trois enfants. Elle se sert de son coffre comme d'un placard pour ranger ses courses. Il y a une dame âgée au 2e étage, quand elle rentre des courses avec son petit chariot, elle attend que quelqu'un passe pour lui monter ses courses, parfois elle attend tout l'après-midi.

L'autre jour, en rentrant chez moi, je vois une maman qui a un enfant dans les bras, un autre par la main, et un troisième qui tient la main de l'autre et qui sont montés au 5e étage. Ça m'a fait de la peine. Et cette mère doit laisser sa poussette en bas, donc si quelqu'un la vole… Comment on fait? Elle ne va pas laisser ses enfants pour redescendre. Je ne trouve pas ça normal.

Déménager ce n'est pas si simple. Même si le quartier est insalubre, j'ai mon entourage pas très loin, la gare aussi. Retrouver un appartement convenable avec 4 enfants, c'est chercher une aiguille dans une botte de foin.

Et dans certains quartiers, c'est pire. A Epinay par exemple, ils ont un ascenseur minuscule, la cage d'escaliers est inondée depuis plus de 6 mois, ils ont des problèmes de chauffage… A Bobigny, on a rencontré cette dame handicapée qui est restée plus de deux mois chez elle, l'ascenseur ne fonctionnait plus, donc elle ne pouvait plus sortir. Ce n'est plus un appartement, c'est une prison! A Sevran, aussi, nous sommes allés dans un immeuble où ils n'avaient plus d'ascenseur depuis 6 mois!

On entasse les gens n'importe où. Un jour, j'ai entendu un ascensoriste me dire 'ces gens-là, tout le monde s'en fout', et c'est vrai! Quand les réparateurs d'ascenseurs ont leurs urgences le matin, ils ne viennent jamais chez nous d'abord. Et la qualité des réparations, des matériaux n'est pas bonne".

Propos recueillis par Paulina Benavente