RMC

Brûlures, cloques: quand l'épilation à la lumière pulsée tourne au cauchemar chez Depil Tech

Aline a contacté RMC après avoir été brûlée aux jambes lors d'une séance d'épilation à la lumière pulsée.

Des brûlures après avoir eu recours à la lumière pulsée pour une épilation définitive. Aline, assistante maternelle, a passé la porte d'un centre Depil Tech, une chaine d'instituts spécialisés qui a plus de 120 centres en France. Sauf que ça a mal tourné. "A un moment, la jeune femme me dit que ma peau réagit mal, raconte-t-elle à RMC. Je me rhabille, je rentre chez moi, ça me brûle. En fait, il y avait des cloques. Le contact de l'eau sous la douche, le contact des draps la nuit, ça me faisait pleurer tellement j'avais mal alors que je ne suis pas douillette. J'ai des taches derrière les mollets qui m'ont créé un réel complexe, donc oui, je n'aurai plus de poils mais je ne veux plus montrer mes jambes. Psychologiquement, je suis vraiment touchée".

Et Aline n'est pas la seule victime. Un groupe Facebook appelé "Dépil Tech Arnaques" rassemble plus de 4.000 personnes. Des dizaines de femmes témoignent de brûlures aux jambes, aux cuisses, même parfois au visage. Trois d'entre elles expliquent à RMC avoir été blessées, l'une s'est même retrouvée aux urgences. Mais quand ces femmes contactent Dépil Tech, l'enseigne refuse systématiquement de reconnaître leurs brûlures.

L'entreprise assure qu'elle prendra des mesures

Avant 2019, la lumière pulsée était réservée aux médecins. Mais en 2019, le Conseil d'Etat a supprimé le monopole. Il a ouvert à tous la pratique de la lumière pulsée. Sauf qu'il avait aussi demandé à ce que le gouvernement encadre la pratique. Et ça n'a toujours pas été fait. "L'arrêt du Conseil d'Etat insiste sur le fait que cette pratique comporte des risques et qu'il convient pour le ministre de la Santé de l'encadrer mais ce n'est toujours pas fait. On ne sait pas quels sont les gardes-fous que la loi prévoira pour garantir la sécurité publique", explique Me Bertrand de Haut de Sigy, l'avocat du syndicat des dermatologues.

RMC a rencontré Nathalie Schlemmer, directrice exécutive chez Dépil Tech. Elle affirme que ça n'aurait jamais dû arriver: "Ce n'est pas normal et c'est même insupportable d'avoir ce genre de situation. On a mis en place des protocoles pour que ce soit traité comme il faut. Hélas, nous avons des magasins en franchise donc nous n'avons pas le contrôle complet sur l'ensemble des magasins et la façon dont ils traitent les clients qui ont des litiges et les prestations. Nous allons regarder qui a été en charge de ces dossiers et prendre des mesures".

Le gouvernement, contacté, assure qu'un projet de décret est actuellement à l'étude, qui prévoit entre autre d'introduire des sanctions en cas de non-respect de la réglementation.

Marie Dupin, Joanna Chabas et Anne-Lyvia Tollinchi