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A Trappes, c'est compliqué pour une femme de fumer dans la rue

Invitée des Grandes Gueules à l’occasion de la sortie du livre "La Communauté", Raphaëlle Bacqué, grand reporter au Monde, revient sur le quotidien des habitants la ville de Trappes dans les Yvelines.

Trappes, ville de la réussite, comme celles de Jamel Debbouze ou Omar Sy, et également de la défiance, puisque cette petite ville des Yvelines a le triste record d'Europe d'habitants devenus jihadistes en Syrie. 

Dans le livre "La Communauté", Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué, grandes reporters au Monde, ont enquêté durant plusieurs mois dans cette ville pauvre de banlieue, située à deux pas de Versailles.

Invitée des GG, Raphaëlle Bacqué, est ainsi revenue sur un quotidien ambivalent. "Trappes est une concentration de tous les défis qui s'offrent à la France aujourd'hui" indique-t-elle sur RMC. Si certains réussissent, et notamment dans la culture et le football, la réalité est souvent beaucoup plus dur: chômage, religions et communautarisme se côtoient. "Un enchevêtrement de destin et de circonstances, la juxtaposition de l'immigration, de la crise économique, du renouveau religieux qui donne la situation d'aujourd'hui". Assumant un regard "distancié" de la situation dans son livre, la journaliste précise que des choses formidables ou plus condamnables coexistent dans cette ville. 

"On a vu à quel point c'est compliqué pour beaucoup de femmes"

Ainsi, Raphaëlle Bacqué explique que la place des femmes, aujourd'hui, à Trappes, est complexe.

"Ce qui est clair, c'est qu'il y a des difficultés pour les femmes à occuper l'espace public. Nous l'avons vu, en tant que femmes, on l'a compris tout de suite. Mais c'est assez diffus. Il y a un grand café, place des Merisiers, et nous étions frappées qu'il n'y ait que des hommes. C'est un grand café, tout à fait agréable, avec des grandes baies vitrées. Nous y sommes allées plusieurs fois toutes les deux, nous avons toujours été très bien reçues, mais nous étions les seules femmes. Evidemment, nous avons posé des questions aux femmes que nous rencontrions, à toutes ces femmes qui sont parfois devenues des copines, et nous leur y donnions rendez-vous. Et à chaque fois, elles nous disaient 'non', 'on ne peut pas y aller', 'ce n'est pas possible', 'ça va être compliqué', 'on va me voir'. Parfois, elles faisaient un grand détour et on était obligées de sortir pour aller les voir. On a vu à quel point c'est compliqué, pour beaucoup de femmes à Trappes".

"Les personnes qui bougent dans la ville, ce sont les femmes!"

La journaliste, face à Alain Marschall et Olivier Truchot, sur RMC, poursuit:

"C'est compliqué pour une femme de fumer dans la rue, de manger une glace dans la rue. Tout cela, est inadmissible. Ca pèse pour beaucoup de femmes. Elles ne sont pas invisibles. On les voit partout: c'est elles qui font les courses, qui s'occupent des enfants. On les voit au contraire sans cesse. Les personnes qui bougent dans la ville, ce sont les femmes!".
X.A avec les Grandes Gueules