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Accélération de la vaccination: "Le gouvernement s'en rend compte deux mois après, c’est une blague?", s'indigne un médecin sur RMC

Plus de 114.000 Françaises et Français vaccinés hier et quasiment le double samedi. Et le "coup d'accélérateur" donné à la vaccination ce week-end "va se poursuivre" assure Olivier Véran. Pas trop tôt, estime le docteur Ludovic Toro.

Le gouvernement avait promis une accélération de la vaccination dans les jours à venir. C’est ce qui a été fait ce week-end avec 585.000 Français vaccinés en trois jours. Cela porte à plus de 3,7 millions le nombre de Français qui ont reçu au moins une dose de vaccin. 

Une accélération qui devrait encore se confirmer dans les prochains jours a affirmé le ministre de la Santé Olivier Véran dimanche soir. Une vaccination massive notamment grâce aux centaines de milliers de doses du vaccin AstraZeneca restées dans les placards, mais également à des arrivages de vaccins Pfizer. 

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Et les livraisons de vaccins vont continuer d'augmenter pour être multipliées le mois prochain jusqu'à 5 ou 6 fois "en terme de quantité" par rapport à ces dernières semaines a indiqué Olivier Véran.

Pour Ludovic Toro, médecin généraliste, c’est enfin une bonne nouvelle. 

“On a enfin compris tout simplement qu’il fallait très largement faire venir les gens quand ils ne travaillent pas ou sont dispos. C’est ce que font tous les autres pays. Et nous, on se rend compte au bout de deux mois que c’est peut-être le meilleur moyen, c’est une blague. La seule solution aujourd’hui, c’est d’ouvrir massivement et tous les jours de la semaine”, appuie le médecin.

Trop peu d'anticipation

Il estime que la France et le gouvernement auraient davantage dû prendre exemple sur les autres pays européens pour voir ce qui marchaient vraiment.

“Il faut des grands centres pour que les gens sachent où aller et quand s’y rendre. Donc, maintenant, il va falloir qu’on prolonge ça parce qu’on est loin du compte. Nous sommes inférieurs à la moyenne européenne sur la vaccination par habitant. Donc il faut vite accélérer, mais c’est ce qu’il aurait fallu faire depuis deux mois, on est toujours à la ramasse et on n'anticipe pas”, assure-t-il.

Il estime que c’est avant tout un manque de connaissance du terrain par les pouvoirs décisionnaires. “En haut, ils ne savent pas comment ça marche ici, en bas. C’est ça le vrai problème. Ils se rendent compte au coup par coup, et c’est pour ça qu’ils ne peuvent pas anticiper, parce qu’ils n’ont pas la connaissance”, insiste-t-il.

Le directeur de l'ARS des Hauts-de-France a annoncé dimanche que 6000 doses seront livrées toutes les semaines à partir de cette semaine dans la région, ce qui représente "environ 10% de vaccinations en plus possible chaque semaine".

Guillaume Descours