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Bayrou : «J'appelle à la prudence sur la Syrie»

François Bayrou, ce mardi dans les Grandes Gueules sur RMC.

François Bayrou, ce mardi dans les Grandes Gueules sur RMC. - -

Alors que des frappes contre les forces de Bachar-El-Assad en Syrie ne seraient qu'une question de jours, François Bayrou a lancé ce mardi dans les Grandes Gueules sur RMC, un «appel pressant à la prudence».

Faut-il intervenir en Syrie ? La question agite les autorités internationales et les chefs d’Etat, depuis que des armes chimiques ont été utilisées dans le pays. Ce mardi, l’armée américaine a annoncé qu’elle était « prête à agir » en cas d’ordre du président Barack Obama. « Des frappes (en Syrie) sont une question de jours », ont également déclaré des responsables occidentaux. « La seule option que je n'envisage pas, c'est de ne rien faire », a pour sa part déclaré notre ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.
Invité ce mardi des Grandes Gueules sur RMC, le leader du Modem François Bayrou, a fait part de ces réserves. « Il est en train de se développer un acte supplémentaire d'une tragédie que nous ne maîtrisons pas (...) Au point où nous en sommes dans l'affaire syrienne, je voudrais lancer un appel pressant à la prudence ! ».

« Il y a beaucoup de manipulation dans ces guerres civiles »

« Qu'est-ce qu'il en est des faits? », s'est d'abord interrogé l'ancien député des Pyrénées-Atlantiques, préconisant « d'attendre des preuves certaines » du caractère chimique de l'attaque, et la certitude qu'elle a bien été commanditée par le régime de Damas. « Je suis prudent et interrogatif. Il y a beaucoup de manipulation dans ces guerres civiles. Je voudrais qu'on attende le rapport de l'ONU. Je voudrais qu'on ait des preuves certaines (de l’utilisation de gaz), parce que la décision qui se prépare est une décision extrêmement grave », a-t-il ajouté.
Selon lui, il convient donc de se demander : « est-ce que c'est notre guerre, est-ce que c'est notre conflit, est-ce que c'est notre responsabilité ? ». « Je demande qu'on réfléchisse bien aux risques géopolitiques, aux risques à l'échelle de toute une région du monde », et « peut-être à l'échelle des siècles », a-t-il averti. « On est pris dans un mouvement qui, à certains moments, rappelle la préparation de la guerre en Irak » en 2003, a-t-il conclu.

Philippe Gril avec les GG