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"Bruno Lemaire a investi 100 milliards dans les TGV du futur, mais rien dans les trains du quotidien !" dénonce Anasse Kazib, cheminot

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Prendre les transports en commun, ce n’est pas une mince affaire au quotidien alors en temps de canicule, quand le thermomètre avoisine les 40°c, cela peut s’avérer très compliqué. En juin dernier, des voyageurs du RER D dénonçaient déjà une chaleur insoutenable qui allait jusqu’à 45°c.

Face à la canicule, la SNCF et la RATP ont invité les Français à ne pas prendre les transports en commun le 25 juillet. Mais, certains d'entre eux n’avaient pas le choix. Quelques-uns ont fait leur itinéraire en fonction des lignes climatisées, d’autres transpirent en silence dans les autobus et métros parisiens transformés en hammam pendant la canicule. Mais, pourquoi les transports en commun sont-ils à la ramasse ?

Pour Annasse Kazib, le cheminot des Grandes Gueules, le manque d'entretien du réseau ferroviaire est en grande partie responsable des difficultés rencontrées en période de canicule :

"On a des problèmes techniques de plus en plus importants sur le réseau. Ces derniers jours, la sous station électrique de Noisy-Le-Sec a cramé et a fortement ralenti et perturbé la circulation sur tout l’est parisien. Avant-hier, en Picardie, une motrice a commencé à cramer ce qui a obligé les voyageurs à descendre du train et à évacuer sur les voies. Ça devient vraiment problématique !"

"Vous n’avez pas de train aujourd’hui pour en avoir un mieux demain !"

Notre cheminot reproche au gouvernement de plébisciter des nouveaux projets ferroviaires plutôt que d’améliorer le réseau tel qu’il est aujourd’hui : "Bruno Lemaire a investi 100 milliards sur les TGV du futurs, mais rien sur les trains du quotidien, RER, TGV Intercités, métro..."

Durant la canicule, les difficultés sont plus fortes parce que les conditions climatiques sont insoutenables et les rames bondés mais aussi, parce qu’en été, le service est réduit: "Les effectifs sont beaucoup plus faibles qu’en temps normal. L’entretien ne peut pas se faire de manière optimale" explique Anasse Kazib.

La RATP et la SNCF ont tout de même mis en place quelques mesures préventives lors des périodes caniculaires. Les deux organismes distribuent des bouteilles d’eau et des éventails dans certaines gares parisiennes. Des messages de prévention sont également diffusés sur les panneaux d’affichage des stations rappelant aux usages qu’il faut s’hydrater régulièrement et signaler tour personne en détresse.

Pour autant ce qui énerve le plus nos Grandes Gueules, c’est le discours politique en tant de canicule. Les élus encouragent les particuliers à utiliser les transports en communs pour se déplacer et limiter la pollution à l'ozone grandes villes (Paris, Lyon, Strasbourg, Annecy...). Notamment en utilisant le système des vignettes Crit’air. La circulation différenciée mis en place ces derniers jours limitait l’accès à Paris aux voitures détenant une vignette Crit'air 1 et 2. Pour Marie-Anne Soubré, c'est intolérable: 

 "On ne peut pas nous demander d’arrêter d’utiliser la voiture, si derrière on ne met pas les moyens pour avoir des transports en commun climatisés. Si nous possédons un véhicule ancien, nous n’avons pas d’alternative pour nous rendre à Paris !"

Anasse Kazib pointe du doigt le manque de conciliation des décisionnaires politiques :

"Ni Valérie Pécresse, ni qui que ce soit est capable de reconnaître qu’il y a des problèmes de surchauffe dans les transports en commun, au point de mettre de côté les vignettes Crit’air pour faciliter l’accessibilité à Paris, durant une journée !"