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Candidature de Paris aux JO 2024: "l'image arrogante de la France commence à être gommée"

Alors que le président Emmanuel Macron a rencontré ce mardi matin, au palais de l'Elysée, les membres de la commission d'évaluation du CIO, pour défendre le projet olympique de Paris 2024, Armand de Rendinger, invité des Grandes Gueules consultant international dans le domaine du sport, juge les atouts et les inconvénients de la France dans ce dossier.

Stade de France, Roland-Garros, Château de Versailles, Grand Palais… les experts du CIO, à l'issue d'une visite exhaustive des sites qui accueilleraient les JO 2024 en cas de succès de la candidature de Paris, ont loué, lundi, la candidature de la capitale française et salué la "passion et l'enthousiasme" de celle-ci. Pour donner plus de poids à cette candidature, ce mardi, Emmanuel Macron a reçu la Commission d'évaluation du CIO et annoncé qu'il sera à Lima le 13 septembre pour l'élection de la ville hôte qui oppose Paris et Los Angeles.

"Pour une fois, les planètes commencent à s'aligner correctement pour Paris"

"Je ne sais pas si on mérite d'avoir ces JO mais en tout cas on les veut et on se débrouille pas trop mal, même très bien, se réjouit Armand de Rendinger, consultant international dans le domaine du sport. On fait tout ce qu'il faut avec les athlètes, avec un dossier qui est quand même pas mal. On ne fait aucune faute de protocole depuis le début de la visite de la Commission d'évaluation. On les veut sérieusement et on présente une belle image d'unité politique symbolique. Ce qui est une très bonne chose".

"Pour une fois, les planètes commencent à s'aligner correctement pour Paris, poursuit, enthousiaste cet auteur de nombreux livres sur l'olympisme. Pour autant, est-ce que le CIO veut nous les attribuer? C'est une autre paire de manches. La France a montré qu'elle s'investit à tous les niveaux de l'Etat et dans tous les pores de la société. Mais on a toujours cette image d'infidélité. On veut les Jeux, on fait tout ce qu'il faut pour les avoir mais entre deux olympiades on est rarement présent, contrairement aux Américains. C’est-à-dire qu'on n'est pas un partenaire fidèle. C'est une des choses qui nous colle à la peau."

"Je trouve remarquable qu'Emmanuel Macron ait pris l'initiative de dire qu'il sera à Lima"

"L'aspect de l'image de la France, qui n'était pas très bonne, arrogante, en revanche, commence à être bien gommé, ajoute Armand de Rendinger. L'arrivée d'un nouveau président, jeune, qui s'implique, est une très bonne chose. Mais, il faut toutefois faire très attention. C'est le CIO qui décide d'attribuer les Jeux, ce n'est pas nous qui considérons que l'on doit les avoir parce que la population est derrière nous, derrière les politiques. C'est pour cela que je trouve remarquable qu'Emmanuel Macron ait pris l'initiative de dire qu'il sera à Lausanne en juillet, et à Lima, pour le vote."

"J'espère que ceci a été préparé à l'avance car il met maintenant le protocole du CIO dans une situation très particulière, nuance l'auteur de "La cuisine olympique, Quand la France se pique aux Jeux". Parce que quand on se rappelle du désordre qu'avait mis Barack Obama, en 2009, lorsqu'il était venu pour défendre Chicago à Copenhague (au final Rio avait obtenu les Jeux). Il faut bien comprendre qu'il faut une certaine équité. J'espère donc qu'on l'a fait en concertation avec la Commission d'évaluation."

M.R avec Les Grandes Gueules