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"Certains villages ne doivent plus exister": à quoi sont dues les intempéries qui ont touché les Alpes-Maritimes ?

Si les écologistes déplorent l'artificialisation des sols et le réchauffement climatique, dans les "Grandes Gueules" c'est le protocole d'évacuation et l'urbanisation dans des zones dangereuses qui font grincer des dents.

Au moins quatre personnes sont mortes dans les intempéries meurtrières qui ont frappé le sud-est de la France et le nord de l'Italie vendredi. Dans les Alpes-Maritimes, les pompiers étaient toujours à la recherche de huit personnes "disparues" et douze autres étaient encore "recherchées". Selon les premiers éléments, les personnes portées disparues ont été emportées par les flots devant des témoins.

Les inondations et les pluies diluviennes ont gravement touchés le village de Saint-Martin-de-Vésubie au nord de Nice et à proximité de la frontière italienne. "Le monument aux morts n'existe plus. Tout est parti, c'est catastrophique", témoigne un habitant du village au micro de BFMTV. "Tous les chalets et les maisons se sont écroulés, la route aussi. J'ai vu des lumières dans la Vésubie, des voitures emportées, c'est horrible", déplore une autre habitante de Saint-Martin-de-Vésubie.

Et alors que les recherches des disparus sont toujours en cours, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le dérèglement climatique, responsable selon certains de l'intensification de ces épisodes: "Notre 'modèle' de développement favorise le dérèglement climatique qui rend les épisodes extrêmes plus fréquents et l’artificialisation des sols qui aggrave les inondations. Agir plus tard, c'est agir trop tard", a notamment assuré sur Twitter le secrétaire national d'Europe écologie-Les Verts Julien Bayou.

"Les habitants de cette zone auraient dû être évacués de gré ou de force"

"C'est un épisode méditerranéen bien connu, il y en avait eu un en 2015 à Cannes il y avait eu un mort. Mettre ça sur le dos du réchauffement climatique, c'est impensable même si l'artificialisation des sols ne doit pas aider. Il y avait déjà des événements comme ça au 19e siècle !", assure ce lundi sur RMC Barbara Lefebvre.

"C'est beaucoup plus fort que cela ne l'a jamais été. Il y a l'évaporation de l'eau, c'est pour ça que c'est aussi violent", a estimé de son côté Isabelle Saporta. "Tous les météorologues sont d'accord pour dire qu'il y a une tropicalisation du climat et que les zones se déplacent. C'est incontestable qu'il y a un réchauffement climatique et que la France est concernée. Il ne faut pas que cela devienne politique", estime Etienne Liebig.

"Tout n'est pas de la responsabilité de l'Etat sur cette question. Allons voir dans les communes et les mairies comment les maires donnent des autorisations de bétonisation systématiques sur des kilomètres de parking. Les communes doivent également se bouger", ajoute-t-il.

"Les habitants de cette zone auraient dû être évacués de gré ou de force ! Les enfants ne sont pas allés à l'école vendredi. Comment se fait-il que des gens soient restés dans leur maison ? (...) Quand on décide de construire un village à un endroit où il y a de l'eau, on décide de construire s'il n'y a pas de risques. On ne construit pas là où on va mourir ! C'est terrible à dire mais certains villages ne doivent plus exister !", conclu Etienne Liebig.

Guillaume Dussourt