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Charge de Pierre Gattaz contre la CGT: "Il dépasse les bornes"

Sophie Binet, secrétaire générale adjointe de la CGT cadre a réclamé lundi dans les Grandes Gueules des excuses de Pierre Gattaz après ses propos sur les grévistes de la CGT, évoquant des syndicalistes "voyous" et "terroristes".

Les grévistes de la CGT se comportent "comme des voyous, comme des terroristes". Dans un entretien au Monde publié ce lundi, Pierre Gattaz se montre virulent vis-à-vis du syndicat de Pierre Martinez. Des propos qui "choquent" Sophie Binet, secrétaire générale adjointe de la CGT cadres. "

Nous réclamons des excuses (...). En France, on est bien placés pour savoir ce que c'est que le terrorisme et les prises d'otages, je ne joue pas avec ces termes là", déplore-t-elle.

Pierre Gattaz dénonce également les moyens d'action de la CGT et en particulier les blocages que défend Sophie Binet. "Ca ne fait plaisir à personne de faire grève, un jour de grève c'est en moyenne 50 euros en moins pour le salarié. La CGT depuis le début souhaite le dialogue, si on est dans cette situation, c'est parce que le gouvernement a utilisé le 49.3. Si le gouvernement avait laissé le voter aller à son terme, on n'en serait pas là", poursuit-elle. 

"Il y a très peu de gens qui votent pour vous"

Entre l'affaire de la chemise arrachée d'Air France, les affiches dénonçant les violences policières et les blocages, la Grande Gueule Gilles-William Goldnadel se demande si cette "dérive ne justifie pas une exaspération" du Medef et de Pierre Gattaz.

"Pierre Gattaz dépasse les bornes et n'est pas du tout dans son rôle de patrons des patrons. Comment voulez-vous qu'il y ait du dialogue social après des déclarations comme ça?" estime Sophie Binet. 

Pour la Grande Gueule Marie-Anne Soubré, le droit de grève doit être défendu, mais elle s'indigne aussi des blocages menés par "des gens minoritaires". "Nous on est au milieu et on paie les pots cassés. J'ai le sentiment que vous êtes dans l'abus de droit", lance-t-elle à Sophie Binet tout en questionnant la légitimité réelle du syndicat: "il y a très peu de gens qui votent pour vous!"

La syndicaliste rappelle que la CGT est aujourd'hui la première organisation représentative des salariés. "Aux élections professionnelles, il y a en moyenne 60 à 70% de participation", défend Sophie Binet qui réclame le retrait de la loi Travail et de nouvelles négociations pour modifier le code du travail.

Carole Blanchard avec les Grandes Gueules