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Chirurgien accusé de pédophilie: "Les textes pour éviter les récidives existent et ne sont pas appliqués"

Un chirurgien retraité de Charente-Maritime sera jugé l'an prochain pour viols et agressions sexuelles sur mineurs. Il avait déjà condamné en 2005 pour détention d'images pédopornographiques.

L'affaire prend de l'ampleur. Un chirurgien retraité de Charente-Maritime doit être jugé l'an prochain pour viols et agressions sexuelles sur quatre mineures. Mais de nouvelles plaintes viennent s'ajouter à celles déjà existantes. Et les autorités ont saisi des carnets au domicile de l'accusé rédigés à la main, détaillant des actes, près de 200 cas au total.

Le travail des enquêteurs est de déterminer si ces carnets décrivent des agressions sexuelles ou viols qui se sont effectivement produits, ou s'il s'agit de simples descriptions de fantasmes. Par ailleurs, il est apparu que le chirurgien avait déjà été condamné en 2005 à Vannes pour détention d'images pédopornographiques.

Pour l'association de défense de l'enfance, La Voix de l'Enfant, qui va se constituer partie civile, il y a clairement des failles. Pour Martine Brousse, la présidente de l'association, les magistrats n'ont pas fait correctement leur travail: "Nous avons une ordonnance datant de 2000 qui oblige les magistrats à informer l'ordre national des médecins d'une condamnation. La Voix de l'enfant demande déjà à ce que les textes existants soient appliqués. Nous avons un arsenal juridique très important".

"Une faille dans le fichier"

Martine Brousse estime aussi que l'accessibilité au Fijais, le Fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes, doit être améliorée: "Nous demandons à ce que ce fichier soit accessible à tous les organismes susceptibles d'embaucher des personnes qui travaillent avec des enfants. Il faut que tous les maires, avant une embauche, puisse interroger le fichier".

Et de pointer une incohérence de ce système: "Il y a une faille dans le fichier: il n'enregistre que les peines au-dessus de 5 ans et la plupart des peines pour détention ou diffusion d'images pédopornographiques sont de moins de 5 ans. Nous demandons à la Garde des Sceaux que le Fijais enregistre toutes les peines".

Paulina Benavente