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Christophe Barratier: "Jérôme Kerviel est la personne la plus fiable que j'ai rencontrée"

Christophe Barratier, le réalisateur de L'outsider a confié lundi dans les Grandes Gueules sa "fascination" pour Jérôme Kerviel, le héros de son film qui sort en salle mercredi. Son film, en plein coeur de la finance vise aussi selon lui à réhabiliter l'ex-trader de la Société Générale.

A trois jours de la sortie de son film L'Outsider, Christophe Barratier est impatient. "Je joue quand même 4 ans de ma vie", confie le réalisateur dans les Grandes Gueules. Son film, un biopic consacré à Jérôme Kerviel retrace l'arrivée du tradeur à la Société Générale et la spirale qui l'a conduit à jouer des sommes folles en salle des marchés avant d'être mis à pied, puis licencié par son employeur. Pour la Société Générale, son ancien employé est seul responsable d'une perte de 4.9 milliards d'euros. Une version à laquelle n'adhère pas Christophe Barratier, qui s'est inspiré du livre de Jérôme Kerviel pour son film.

"Je ne dis pas qu'il n'a rien fait, qu'il est innocent et que les autres sont tous coupables. Mais la version de la Société générale étant qu'ils sont tous innocents, personne n'a rien vu et que Jérôme Kerviel est le génie du mal" n'est pas crédible, estime-t-il.

Huit ans après le début de l'affaire, le feuilleton judiciaire n'est pas fini pour Jérôme Kerviel, condamné pour abus de confiance, faux et fraudes. La semaine dernière, l'ancien employé de la Société Générale a obtenu devant les prud'hommes de Paris la reconnaissance de son licenciement sans cause réelle et sérieuse. La banque devra aussi lui verser 455.000 euros. "On nous parle plus poliment depuis une semaine", constate le réalisateur.

"Je lui donnerais la garde de mes enfants les yeux fermés"

Christophe Barratier ne cache d'ailleurs pas la sympathie qu'il a pour l'ancien trader, rencontré lors d'un dîner. "Quand j'ai parlé avec lui pendant 3-4 heures, quand finalement on a parlé de ça, je me suis dit attendez, l'homme que j'ai devant moi ce serait le plus grand fradeur de l'histoire de la finance? Il y a quelque chose qui ne colle pas", estime-t-il. Pour le réalisateur, le profil de Jérôme Kerviel ne correspond pas à celui du fraudeur, dénoncé par la Société Générale.

"Il n'y avait pas de malfaisance, ce n'était pas un Robert Madoff. Ce qui a fait la différence c'est que Jérôme Kerviel n'a pas détourné un centime d'euro à titre personnel", rappelle le réalisateur. 

Christophe Barratier admet d'ailleurs être "fasciné" par le héros de son film. "Jérôme Kerviel est un homme pour lequel j'ai beaucoup de sympathie, qui a un côté hors du commun. Sa ténacité est au-delà de ce qu'on pourrait imaginer (...). On n'est jamais sûr de rien, mais je crois que c'est la personne la plus fiable et la plus honnête que j'ai rencontrée dans ma vie", confie-t-il. Le réalisateur a d'ailleurs toute confiance en Jérôme Kerviel à qui il serait prêt "les yeux fermés" à confier ses clés de voiture ou "la garde" de ses enfants . 

Carole Blanchard avec les Grandes Gueules