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"Deliveroo m’a permis de sortir du RSA": Gregory, livreur, s’oppose au boycott lancé par ses collègues

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Ce samedi, plusieurs livreurs Deliveroo appellent au boycott de l’application de livraison de plats cuisinés. Ils contestent le choix de l’entreprise britannique de supprimer le tarif minimum pour les courses les plus courtes. Dans l’émission "Les Grands Gueules" sur RMC, deux courtiers s’opposent sur l’utilité de cet appel.

"L’appel au boycott pour les clients n’est pas tellement fait pour enrayer la machine économique mais pour mettre un coup de collier à Deliveroo", détaille dans les Granges Gueules Jérôme Pimot, fondateur des livreurs autonomes de Paris. "Les clients doivent comprendre que, demain, ils ne doivent pas commander chez Deliveroo. À ce moment-là, l’entreprise va sentir que les clients sont solidaires". Une situation qui pourrait alors faire changer la donne. C’est en tout cas ce qu’espère Jérôme.

 "On se retrouve à bosser pour 2,3 balles"

Un geste qui se justifie également par une baisse des tarifs. "Ils font baisser les tarifs de moitié ! Ils nous ont dit qu’ils allaient nous augmenter les longues courses mais ce n’est pas vrai. On se retrouve à bosser pour 2,3 balles pour une course alors qu’il y a un an, c’était 6€ et il y a 3 ans, on bossait pour 7€50", détaille Jérôme.

"Deliveroo m’a permis de sortir du RSA"

Mais Gregory, courtier à vélo du côté de Bordeaux, prend le contre-pied de Jérôme Pimot. "Je fais 500 à 600€ par semaine. Il n’est pas mon représentant du tout ! L’année dernière j’étais au RSA, je mangeais grâce à la banque alimentaire et grâce à Deliveroo je suis sorti de tout ça. Je choisis quand je veux bosser. Le jour de la canicule, j’ai choisis de bosser. Je suis libre. On peut se faire de l’argent assez facilement quand on a une bonne condition sportive. Quand il dit qu’une course rapporte 2 ou 3€ c’est vrai quand on livre sur une courte distance. Moi, une course m’a déjà rapporté 17€", a-t-il martelé.

Maxime Trouleau