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Eugénie Bastié: "Cet espèce de droit à ne pas être offensé nuit totalement à la liberté d'expression et la liberté de penser"

Eugénie Bastié était l'invitée des Grandes Gueules ce vendredi sur RMC.

La polémique à Sciences Po Grenoble fait toujours réagir. L'Institut d'études politiques (IEP) de la ville est en conflit depuis l'affichage début mars des noms de deux professeurs accusés d'islamophobie, des "injures" pour lesquelles une enquête judiciaire a été ouverte sur signalement de l'établissement.

Eugénie Bastié est revenue sur cet épisode et regrette les militantismes radicaux qui conduisent à une réduction de la liberté d'expression dans le pays selon elle.

"Moi, je ne veux faire taire personne"

"Il y a une manipulation de la science au service du militantisme. L'objectif pour ces chercheurs est de transformer la société en donnant davantage de place aux minorités. Le problème ce sont les chercheurs qui veulent faire taire leurs adversaires et interdire la contestation de leurs théories"
Moi je ne veux faire taire personne mais je m'inquiète des chercheurs militants qui ne veulent pas que leurs théories soient débattues."

"On vit un retour du débat public très fort avec des idées du monde antagonistes par rapport à avant où il y a un consensus mou"

La journaliste du Figaro, qui publie "La guerre des idées, une enquête au coeur de l'intellegentia français" (éditions Robert Laffont) estime que les sectarismes sont accentués ces dernières années par la libéralisation du débat public depuis l'apparition d'Internet.

"On vit un retour du débat public très fort avec des idées du monde antagonistes par rapport à avant où il y a un consensus mou. Je constate que la gauche semble avoir un problème avec la liberté d'expression. Elle perd du terrain idéologique et préfère faire taire l'adversaire.
Il y a trois sectarismes, le sectarisme marxiste classique. Le sectarisme par la judiciarisation du débat, avec beaucoup de lois qui encadrent la liberté d'expression. Et un troisième sectarisme qui est pour moi beaucoup plus préoccupant fondé sur le sentiment, un espèce de droit à ne pas être offensé qui nuit totalement à la liberté d'expression et la liberté de penser." 
J.A.