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Fermeture des frontières face au variant Omicron: "Ça ne sert à rien, c'est comme stopper une inondation en écartant les bras"

Encore une fois, le monde se barricade face au risque d'un nouveau variant du Covid-19. Une énième fermeture des frontières qui pourrait ne servir à rien du tout.

Panique à bord. Les frontières se referment face à l’arrivée du nouveau variant du Covid-19. Baptisé Omicron et vraisemblablement originaire d’Afrique du Sud, il a déjà poussé l’Union européenne à fermer ses frontières avec plusieurs pays d’Afrique australe. Très contagieux, il a également forcé Israël et l’Australie à verrouiller les accès à leur territoire respectif. En vain, car le variant aurait déjà traversé les frontières. On recensait ce mardi 8 cas suspects potentiellement positifs au variant Omicron sur le territoire métropolitain français et un cas avéré sur l'île de La Réunion, tandis que les cas se multipliaient aux Pays-Bas.

Mais ces fermetures de frontières pourraient être futiles. Depuis le début de la pandémie, le débat fait rage et oppose souvent souverainistes aux épidémiologistes et médecins. Ces derniers rappellent souvent que les virus n'ont pas de passeport et font fi des morcellements territoriaux de la planète. C'est notamment ce que rappelle ce mardi sur le plateau des "Grandes Gueules" le docteur Jérôme Marty.

"C'est un imaginaire populaire, c'est comme si on voulait arrêter une inondation en écartant les bras. Le virus s'il doit passer, il passe, surtout dans un pays comme le nôtre avec des milliers de kilomètres de frontières. On ferait mieux de mettre le paquet sur le séquençage pour observer la progression du variant Omicron", plaide le praticien.

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"C'est inévitable qu'il y ait des variants, il faut s'habituer et laisser les gens tranquilles"

Car pour l'instant, on sait peu de choses sur le variant Omicron. Il semble bien plus contaminant que ses prédécesseurs notamment le variant Delta mais ces symptômes pourraient être moins violents. Un doute subsiste sur l'efficacité des vaccins face au variant Omicron. 

La multiplication des variants démontre un autre problème, le faible taux de vaccination dans les pays émergents, terreaux fertiles pour ces variants. Si les pays les plus riches bénéficient d'une large couverture vaccinale, ce n'est pas le cas des plus pauvres. Or le repli et la préférence nationale prédominent en terme de vaccins: "L'Afrique est à 1% de vacciné, vous croyez vraiment, avec 90% de vaccination, le pass sanitaire et la masque on sera suffisamment protégé en France?", interroge Barbara Lefebvre.

"On n'arrive même pas depuis 50 ans à vacciner toute l'Afrique contre la tuberculose, on ne va jamais vacciner toute l'Afrique contre le Covid-19. C'est inévitable qu'il y ait des variants et des variants et des variants. Il faut donc s'habituer à ce coronavirus et laisser les gens tranquilles", ajoute l'enseignante. En Afrique du Sud, berceau du variant Omicron, seule 28% de la population est vaccinée contre 77% en France et 54% dans le monde.

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Guillaume Dussourt