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Covid à l'école: "On demande à Jean-Michel Blanquer de revenir à la raison", appellent les enseignants qui réclament le retour à l'ancien protocole

Sur RMC, les représentants des enseignants et des directeurs d'école réclament le retour à l'ancien protocole Covid dans les établissements scolaires. Car aujourd'hui, l'apparition d'un cas positifs n'entraîne plus systématiquement la fermeture d'une classe, alors que le taux d'incidence explose chez les plus petits.

Le gouvernement change de braquet alors que la situation empire. Finie la sévère règle fermant une classe dès l'apparition d'un seul cas de Covid-19. Désormais dans les écoles de France, les enfants positifs au Covid-19 sont les seuls à être isolés. Un soulagement pour des millions de parents d'élèves mais une aberration pour les épidémiologistes et les professeurs.

"Ce nouveau protocole est très compliqué à mettre en œuvre et très dangereux pour les classes. Un élève testé négatif à J0 ou +1 peut revenir à l'école et être positif deux jours après puisqu'on sait que le temps d'incubation est de plusieurs jours. Avec un test négatif, il va pouvoir revenir à l'école potentiellement porteur du virus", assure ce mardi sur RMC Guislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUIPP-FSU, le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles, qui demande le retour à la fermeture de classe dès le premier élève testé positif au Covid-19.

Et pour cause, le taux d'incidence dépassait lundi 29 novembre les 600 chez les 6-10 ans et les 300 chez les enfants âgés de 3 à 5 ans: "Le taux d'incidence est aujourd’hui très élevé chez les 6-10 ans, il n'a jamais été aussi élevé et c'est à ce moment-là qu'on décide de ne plus isoler tous les élèves. Cela nous pose problème de ne plus le faire. On demande Jean-Michel Blanquer de revenir à la raison et à la règle 'un cas, on isole la classe 7 jours'", appelle Guislaine David.

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"C'est aujourd'hui mieux pour les enfants", jugent les parents d'élèves

"On n'a jamais demandé la fermeture des écoles. On ne veut surtout pas faire ça", précise la syndicaliste qui estime que le gouvernement doit "prendre ses responsabilités" et permettre aux parents de pouvoir garder leurs enfants, en coopération avec les employeurs. 

Car du côté des parents, on se satisfait de ce nouveau protocole qui permet de continuer à accueillir les enfants à l'école malgré des taux d'incidence qui explosent dans toutes les catégories d'âge: "Cela nous semble bizarre et surprenant de renvoyer à la maison des enfants qui ne sont pas malades, que ce soit pour le Covid ou une autre maladie. C'est aujourd'hui mieux pour les enfants. On s'est tous dit que le mieux pour les enfants c'est de les avoir à l'école", plaide Rodrigo Arenas, représentant de la FCPE.

"On teste déjà tous les enfants. Il faut mettre les gestes barrières à l'école, ce n'est pas compliqué. Il faut plus d'enseignants. Avant, quand un gamin n'était pas positif et qu'il devait rentrer à la maison, il fallait que ses parents posent des jours de congés pour le garder", ajoute le parent d'élève.

Du côté des directeurs d'école, on déplore "une explosion des cas": "L'ancien protocole était assez simple. Pour le nouveau, on demande un test qui n'est pas obligatoire", déplore Thierry Pajot, secrétaire général national du syndicat des Directrices et Directeurs d'École.

Sur présentation d’un test négatif après l'apparition du virus, les cas contacts peuvent revenir à l’école. Ceux dont les parents refuseront le test ainsi que ceux testés positifs devront s'isoler, les premiers 7 jours, les seconds 10. Si plusieurs cas sont détectés dans la même classe, c’est l’Agence régionale de santé qui pourra décider de fermer la classe. On recensait vendredi 8890 classes fermées.

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Guillaume Dussourt