RMC

"J’habite dans un quartier assez fréquenté, et c’est la fin du monde": l'Italie a l'arrêt à cause du coronavirus

L'Italie a passé un stade inédit dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Depuis le début, le pays a pris des mesures drastiques comme des contrôles thermiques dans les aéroports, mais toutes ces précautions ont échoué. Le chef du gouvernement italien a donc expliqué que c'est l'ensemble du pays qui est maintenant confiné.

Face au coronavirus, l’Italie se referme sur elle-même. Depuis le début de l’épidémie, 9172 cas ont été détectés et 463 personnes sont morts. Toutes les écoles et universités sont désormais fermées et le gouvernement a décidé lundi d’interdire les rassemblements publics et les compétitions sportives jusqu’au 3 avril. "Les Italiens ne devraient sortir de chez eux que pour aller travailler ou pour des raisons urgentes. Restez chez vous", a déclaré lundi soir le président du Conseil Giuseppe Conte. 

"Tout est fait pour laisser le maximum de salariés à la maison. Moi en tant que professeur de français, je n’ai plus de cours. Mais je ne peux pas aller voir mes amis ou ma famille. Un exemple très précis, mes beaux-parents, qui sont relativement âgés et qui dans le Frioul à l’est de Venise, mon mari ne peut plus aller les voir depuis qu’il y a eu les premiers cas. On se dit non parce que si on est porteur sain, c’est terminé", explique Caroline, professeure de français qui vit dans le nord de l’Italie.

Un impact économique important

Et si le sud est moins touché, Rome a également des airs de ville fantôme. Catherine, est une Française qui vit dans la capitale, elle a elle-même pu constater cette désertification. 

"Il n’y a personne dans la rue. J’habite dans un quartier assez fréquenté, et c’est la fin du monde. C’est le mois d’août à Rome, c’est vraiment stressant. Le gros soucis pour tous les Italiens c’est l’après. Comment on va faire après ? Parce que jusqu’au 3 avril, c’est quand même énorme et ensuite, il va falloir aider les personnes à qui on a obligé d’arrêter l’activité", détaille-t-elle.

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte a déjà prévenu : l'épidémie aura un impact sur le déficit budgétaire de l'Italie, qui dépassera sans doute l'objectif de 2,5% du PIB obtenu pour cette année auprès de la Commission européenne. 

Guillaume Descours