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L'avocat de Carlos Ghosn sur RMC: "Le dirigeant de Nissan a signé un accord secret avec le procureur"

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Dans les Grandes Gueules, François Zimeray, l’un des avocats de l’ex-PDG de Renault-Nissan a notamment dénoncé les "tortures psychologiques" qu’a subi son client.

Arrêté à Tokyo une première fois en novembre 2018 pour détournement de fonds, Carlos Ghosn est aujourd’hui assigné à résidence. Dans les Grandes Gueules, François Zimeray, l’un des avocats de l’ex-PDG de Renault-Nissan a notamment dénoncé les "tortures psychologiques" qu’a subi son client.

"Cela fait 10 mois qu’il a été arraché à son entreprise, sa famille et à sa liberté, regrette François Zimeray. Il ne sait pas quand son procès aura lieu. Il a subi une incarcération très dure que les plus grandes organisations de défense des droits de l’Homme du Japon ont dénoncé. Dans les prisons japonaises, tout est fait pour vous faire craquer. Vous êtes interrogés jour et nuit sans pouvoir parler à votre avocat. C’est une torture psychologique".

"Une affaire éminemment politique"

Maître Zimeray explique qu'"aujourd’hui, Carlos Ghosn est assigné à résidence dans des restrictions de liberté inacceptables. Ou, en tout cas, injustifiables au regard des nécessités de l’enquête. Il est éprouvé mais est combatif et déterminé à prouver son innocence".

"Emmanuel Macron est intervenu et a évoqué la situation à plusieurs reprises. Mais je ne sais pas si nos autorités et l’opinion publique ont pris la mesure d’une situation où il pourrait ne pas y avoir de justice du tout. On vous met en prison et on cherche ensuite de quoi vous pouvez être coupable".

"Donc, oui, les autorités françaises ont évoqué la question mais, pour le moment ça n’a pas apporté de résultat, déplore-t-il. Il faudra continuer à placer cette question au cœur de la relation franco-japonaise. C’est une affaire éminemment politique.

L'avocat de l'ancien PDG de l'alliance Renault-Nissan ne croit pas en "une enquête objective": "Plus je rentre dans ce dossier, moins je crois en la justice japonaise. On sait que le dirigeant actuel de Nissan - qui est le naufrageur de cet entreprise - a signé un accord secret avec le procureur. En tant qu’actionnaire, on a le droit de savoir ce qu’il y dans cet accord secret. Pourquoi n’est-il pas poursuivi?". 

"Carlos Ghosn porte malgré-lui, les dérives d’une époque et d’un système, explique-t-il. Il faut renoncer à ce qu’il suscite de la compassion. Mais, nous, on ne veut pas de la compassion, on veut le respect du droit. Dans cette affaire, il y a une dimension de vengeance sociale. On ne recherche pas la vérité mais la bonne conscience. Carlos Ghosn demande seulement un procès équitable".
Maxime Trouleau