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Le 115 ne répond plus l'été: "Il y a moins de places d'hébergement et moins de bénévoles"

Au mois de juillet, 55% des appels au 115 n'ont pas abouti d'après la Fnars.

Au mois de juillet, 55% des appels au 115 n'ont pas abouti d'après la Fnars. - Matthieu Alexandre - AFP

La Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars) tire la sonnette d'alarme sur le fonctionnement l'été du 115, le numéro d'hébergement d'urgence. Son directeur a appelé dans les Grandes Gueules mercredi à cesser d'avoir une politique d'accueil différente en hiver et en été.

La rue est aussi meurtrière l'hiver que l'été. Et si l'hiver, l'appel au 115 n'aboutit pas toujours à un hébergement d'urgence, "la situation des personnes sans abri se dégrade l'été", explique Florent Gueguen, président de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars). D'après son baromètre, cet été, 55% des appels au numéro d'urgence au mois de juillet n'ont jamais abouti. Un chiffre en hausse de 2,4% par rapport à juillet 2015.

"Il y a moins de places d'hébergement, il y a des places qui ferment après l'hiver alors même que le nombre de personnes qui appellent le 115 est au moins aussi important l'été que l'hiver. Il y a aussi beaucoup d'associations qui fonctionnent avec des bénévoles, il y a moins de bénévoles au mois de juillet et au mois d'août donc il y a des lieux qui ferment ou réduisent leur activité", décrit Florent Gueguen dans les Grandes Gueules.

Une situation particulièrement accrue dans les grandes villes. "Nous montrons dans ce baromètre qui mesure 45 départements que la crise de l'hébergement touche toutes les grandes métropoles urbaines. Une partie des sans-abri ne fait même plus le 115. A Paris, Bordeaux, Lyon, à partir de 10 heures du matin, il n'y a plus de places", poursuit le président de la Fnars. 

L'Etat "doit garantir le droit à l'hébergement"

Face à ce constat, son association demande à ce que les politiques d'accueil soient revues et déplore également que de nombreux bâtiments appartenant à l'Etat ou aux collectivités locales restent vides.

"Nous demandons au gouvernement qui a la charge de l'hébergement et de la prise en charge des personnes sans abri, d'arrêter cette politique qui vise à ouvrir des places l'hiver et à les fermer au printemps comme si on ne devait s'occuper des personnes sans abri et des plus pauvres que pendant les mois d'hiver", déplore Florent Gueguen.

Il rappelle par ailleurs que l'Etat doit "garantir le droit à l'hébergement". Si la question est en partie "budgétaire", selon lui c'est aussi "le regard que porte la société française sur ces pauvres" qui doit changer.

C. B avec les Grandes Gueules