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Le coup de gueule d'un élu de campagne: "On ne fait pas de politique mais du bénévolat"

Dans son livre Les galériens de la République, Bernard Ravet, adjoint au maire de Châtillon-en-Diois, un village de la Drôme de 500 habitants, raconte le quotidien parfois ubuesque d'une petite commune.

Châtillon-en-Diois dans la Drôme. 500 administrés. Et un adjoint au maire qui dénonce le peu de moyens dont disposent les élus locaux. "On s'aperçoit que tout fonctionne avec une secrétaire et demi de mairie. Je les appelle les 'Shivas' de la République. Elles doivent savoir tout faire. Et comme elles n'ont pas le temps de tout faire, ce sont les adjoints, le maire, certains élus qui se mettent à la tâche et font du bénévolat. Ils ne font pas de politique mais du bénévolat", a-t-il expliqué ce vendredi chez les GG.

Il a raconté ses difficultés dans son livre Les galériens de la République: "On a le sentiment de ramer, d'avoir beaucoup de mal à faire avancer des projets dans des petites villes. Quand on veut faire avancer sa commune, c'est bien plus difficile que dans une grande ville".

"Une situation kafkaïenne"

Et d'expliquer: "J'ai pris l'exemple de la cantine de notre village. On a un modèle de cantine avec un restaurateur local, ça permet d'entretenir un emploi. Et quand on change de restaurateur, on fait un appel d'offres, mais pour plus de 50 repas, il faut appliquer la norme des repas de collectivité.

Et quand on veut se mettre dans la norme, il faut faire appel à une cuisine centrale de collectivité mais il n'y en a pas à moins de 80 kilomètres. La loi est faite ainsi. La nourriture n'est pas forcément très bonne. Et on parle de circuit court mais il faut faire 80 km. Et aucun des grands groupes de cuisine de collectivité ne veut faire 80 km pour 50 repas donc on se retrouve dans une situation un peu kafkaïenne entre le règlement de l'Etat et notre réalité".

> Les galériens de la République, Bernard Ravet, ed. Kero

P.B.