RMC

Le coup de gueule de Sylvain Tesson contre les nouvelles technologies

L'écrivain et aventurier Sylvain Tesson a décrit ce mardi dans Les Grandes Gueules sa vision des nouvelles technologies. Il estime que ces dernières "dénaturent les relations humaines" et "ne nous font pas progresser dans la connaissance".

L'écrivain spécialiste de la littérature de voyage Sylvain Tesson est un puriste lorsqu'il découvre de nouveaux horizons. Il préfère vivre ses émotions naturellement, sans aucune aide technologique, quelque chose qu'il estime ne contribue pas positivement à l'espèce humaine.

Invité des Grandes gueules ce mardi à l'occasion de la sortie de son nouveau livre intitulé Un été avec Homère, il a livré un véritable plaidoyer contre les nouvelles technologies.

"Elles ne nous font pas progresser dans la connaissance, elles n’entretiennent pas la beauté des relations humaines"

"Moi je suis tout à fait technophobe. J’ai dû rater un train, j’ai l’impression d’être né au douzième siècle.je ne m’intéresse pas aux nouvelles technologies, j’ai l’impression qu’elles ne nous rendent absolument aucun service. Elles n'embellissent pas la vie. Elles ne nous font pas progresser dans la connaissance, elles n’entretiennent pas la beauté des relations humaines."

Il ne demande qu’à ce qu’on lui prouve le contraire, mais d’après sa propre expérience il reste sceptique.

"Depuis 20 ans qu’il y a la mutation digitale, depuis que des écrans se sont mis entre nous et le monde, je n’ai absolument pas l’impression qu’ils aient fait progresser le charme, la beauté, le mystère et l’intensité et la profondeur de la vie. Au contraire."

"C'est là pour nous menotter, nous cadenasser"

Du coup Sylvain Tesson refuse cette vie numérique et voyage "comme dans les temps anciens": en ayant recours à la force musculaire, à pied, à cheval, en canoë, à bicyclette et assure "s'en retrouver infiniment bien". Olivier Truchot s'est ainsi demandé s'il n'était tout de même pas possible de maîtriser sa consommation de nouvelles technologies et de les dompter pour ne pas les subir. Mais l'écrivain balaye cette hypothèse avec une comparaison avec l'esclavage.

"C’est comme le type enchaîné à un boulet dans une plantation de coton avant la guerre de Sécession qui disait qu’on n’était pas obligé d’être enchaîné à son boulet mais qu’on pouvait aussi le porter avec les bras… Je crois qu’il y a un dispositif qui se met en place qui nous fait croire que tout cela nous apporte des améliorations liées aux complications de la vie, mais qui en fait est là pour nous menotter, nous cadenasser."
J.A. avec les GG