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Le protocole sanitaire à l'école modifié pour la seconde fois en quatre jours: "Ça décrédibilise tout"

Le protocole sanitaire à l'école a connu sa seconde modification en quatre jours, une semaine après sa mise en place. Les parents d'élèves déplorent la cacophonie de la communication gouvernementale, tandis que les enseignants s'estiment toujours aussi peu protégés.

Le protocole sanitaire le plus éphémère du monde. Annoncé en grande pompe dans un article payant du Parisien par Jean-Michel Blanquer une dizaine d’heures avant la rentrée de janvier, le protocole sanitaire en place à l’école a connu sa seconde modification en quatre jours. En moins d’une semaine donc, il aurait déjà été allégé deux fois.

Le Premier ministre Jean Castex a tenté d’éteindre lundi l’incendie allumé par le ministère de l’Education nationale une semaine auparavant, en annonçant un assouplissement du protocole sanitaire. Désormais, plus besoin de tests antigéniques ou PCR dès la déclaration d’un cas-contact à l’école, alors que les queues devant les pharmacies s’allongeaient ces derniers jours, gonflées par les élèves du primaire. Les résultats des autotests, accessibles en pharmacie et dans les supermarchés, suffiront pour permettre à un enfant cas-contact de revenir à l’école après trois tests à domicile. Pour ceux dont la classe sera encore ouverte.

Car ce mardi matin, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé sur BFMTV qu’environ 10.000 classes étaient pour l’instant fermées sur l’ensemble du territoire et que 50.000 cas positifs avaient été détectés à l’école. Quant au changement de protocole, le ministre a assuré qu’il s’agissait plus d’une évolution que d’un changement, évoquant des circonstances "obligeant à s’adapter en permanence". Un changement uniquement pour rendre la politique de test "plus fluide pour les familles".

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Parents et enseignants toujours en colère

Du côté des familles pourtant, on commence à perdre le fil avec ces nombreux changements de protocole: "Il y a une cacophonie telle que tout le monde s’y perd. Les gens ne comprennent plus rien. La cacophonie du gouvernement fait douter les gens de l’efficacité du vaccin", déplore ce mardi sur le plateau des "Grandes Gueules", sur RMC, Medhi Ghezzar. "On dit tout et son contraire, les ministres d’un même gouvernement disent tout et son contraire et je sens le Premier ministre de plus en plus tendu", assure-t-il, précisant qu’il fait tester son fils deux à trois fois par semaine, dès qu’il y a un cas contact à l’école.

"C’est ubuesque et ça décrédibilise tout", juge également Léa Falco. "Ce n’est facile pour personne ni pour les parents, ni pour le personnel éducatif. Et ce n’est pas facile pour les enfants à qui on fait des tests dès la maternelle. Ça fait mal au cœur de voir des enfants se faire tester", déplore-t-elle, ajoutant que les autotests restent peu fiables.

Les modifications annoncées par Jean Castex n’ont en tout cas pas suffi pour l'instant à calmer la colère des enseignants qui s’estiment peu protégés. "Ces mesures vont désengorger les pharmacies mais en aucun cas protéger les écoles de la contamination", estime auprès de l’AFP Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire. Dans ces conditions, l’appel à la grève ce jeudi 13 janvier est maintenu.

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Guillaume Dussourt