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Loi Schiappa: "Absolument scandaleux qu'on n'ait pas fixé une limite claire sur le consentement"

Dans une tribune publiée dans le JDD, associations et professionnels de la protection de l'enfance se disent "unanimement déçus" par la loi contre les violences sexuelles et sexistes, notamment sur le fait qu'il n'y ait pas "un seuil d'âge pour protéger les enfants des viols" dans ce texte promulgué début août.

Associations et professionnels de la protection de l'enfance ne décolèrent pas contre la loi Schiappa promulguée début août. Dans une tribune publiée sur le site du JDD, ils se disent "unanimement déçus" par la loi contre les violences sexuelles et sexistes, dénonçant un "statu quo" dans la protection des mineurs et accusant le gouvernement d'attaques à leur encontre.

Ces associations et personnalités expriment notamment leur "immense colère" de ne pas avoir "un seuil d'âge pour protéger les enfants des viols".

Une colère partagée par la GG Jimmy Mohamed: "Je trouve ça absolument scandaleux qu'on n'ait pas fixé une limite claire sur le consentement. Il faut fixer une règle parce qu'après on arrive au cas de ces deux jeunes filles de 11 ans dont on n'a pas pu qualifier le viol en disant qu'il pouvait y avoir un consentement".

"Cette loi est vide"

Le médecin généraliste a vivement taclé Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat en charge de l'égalité femmes-hommes:

"Je suis très mécontent de ce qui se passe avec Mme Schiappa parce que c'est bien beau de faire la tournée des plateaux télé, d'écrire des livres, de répondre sur Twitter. Mais là on est sur des faits très concrets, au cœur de quelque chose qui me touche: les violences sexuelles faites aux enfants. Comment on n'arrive pas à fixer un cadre légal sévère pour dissuader, punir et sanctionner? Aller dire à des parents d'enfants qui ont été victimes de violences sexuelles qu'on ne peut pas placer de limite à cause de la Constitution… C'est la start-up nation, elle fait la tournée des plateaux télé, parce que derrière la loi est vide. Je ne comprends pas comment on ne peut pas donner d'âge précis en se cachant derrière le Conseil constitutionnel".
P.B.