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Meurtre à Nantes: "Il y a très peu de traitements médicaux vis-à-vis des déviants sexuels récidivistes", regrette Jean-Louis Ployé

Le viol et le meurtre de la fillette à Nantes à choqué tout le pays. L'homme de 46 ans, responsable de ce drame, traîne derrière lui un lourd casier judiciaire. Il est, en effet, très connu des services de police et justice avec 9 viols, 3 tentatives et une agression sexuelle.

Le 20 août, une adolescente de 15 ans a été violée et tuée par un pédocriminel multirécidiviste, qui a avoué le meurtre samedi. Condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle en 2005, sorti de prison en 2016, cet homme de 45 ans bénéficiait d'une remise de peine avec un suivi socio-judiciaire pendant dix ans.

Pour beaucoup, cette affaire reflète un certain dysfonctionnement de la justice en France. La justice a d’ailleurs décidé de se pencher sur des possibles ratés dans le suivi de cet homme. L’inspection générale de la justice a notamment annoncé dimanche a annoncé avoir été saisie pour diligenter une enquête. Elle devra notamment mettre en clair la façon dont le violeur était accompagné lors de son incarcération. 

Pour Jean-Luc Ployé, expert psy auprès des tribunaux, il faut qu’en France, on sorte du secret qui entoure les récidivistes.

“Il faut aussi qu’on sorte du secret. Un individu qui est condamné et qui récidive, il y a souvent une omerta autour de lui, on en parle très peu. Alors qu’en fait il faut communiquer. Plus on enfouit une pulsion plus elle risque de ré-émerger. Le déviant sexuel peut être envahi pulsionnellement et c’est toujours extrêmement difficile d’évacuer ou de contrôler une pulsion même si l’individu a un rapport à la culpabilité”, explique-t-il. 

La solution des bloqueurs de libido ?

Selon lui, la France et la justice a les outils nécessaires pour la prise en charge de ces personnes.

“Dans l’arsenal juridique on a la notion d’obligation de soins. Par exemple, lorsqu'une expert psy à la cour d’assises dit que l’individu est dangereux ou qu’il y a un risque de récidive potentiel, en règle général c’est accompagné d’une obligation de soins. La difficulté c’est qu’en France on est extrêmement timide par rapport à ça. Il y a très peu de traitements médicaux vis-à-vis des déviants sexuels récidivistes. En général on axe beaucoup le soin sur ce qu’on appelle la psychothérapie et on use très peu qu’il faut qu’il y ait un traitement médical, comme des bloqueurs de libido”, affirme-t-il. 

Des traitements qui, indique-t-il, sont plus régulièrement utilisés dans les pays du nord. 

Guillaume Descours