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Natacha Polony chez les GG: "Il y a des discriminations intolérables mais ça ne permet pas d'expliquer ces attentats"

La journaliste et polémiste Natacha Polony était l'invitée des GG ce mardi. Son ouvrage "Nous sommes la France", écrit après les attentats de janvier dernier a un écho particulier.

Pour Natacha Polony, son livre "Nous sommes la France" est plus que jamais d'actualité. Après les nouveaux attentats qui ont frappé la France vendredi, elle n'en changerait "pas une ligne".

"On a refusé de voir ce que nous disaient ces attentats [de janvier]", a-t-elle déploré. Selon elle la France a eu une interprétation erronés de ces attentats: "On a vu cette émotion extraordinaire, ces millions de gens dans la rue et on a essayé d'absorber cet évènement, on a essayé de nous faire croire que ces dessinateurs étaient ciblés parce qu'ils l'avaient bien cherché. Tout ça a été vidé son sens. On a voulu l'expliquer par le prisme de la discrimination".

Et de souligner: "Il y a des discriminations intolérables, mais ça ne permet pas d'expliquer ça. D'expliquer que des Français qui ont grandi en France qui ont passé 12 ou 13 ans sur les bancs de l'école française prennent une kalachnikov".

"Qu'est-ce qui a été fait pendant 11 mois?"

La journaliste espère une "prise de conscience" et s'étonne que les mesures annoncées par François Hollande à Versailles lundi soient similaires à celles évoquées en janvier dernier: "Qu'est ce qui a été fait pendant 11 mois? On découvre tout à coup qu'il est temps de faire une coalition avec Vladimir Poutine? Tout ça me semble un peu tardif".

Selon elle, la France a un véritable "problème avec son identité, c'est-à-dire avec la capacité à définir ce que c'est qu'être Français. La meilleure preuve c'est que nous avons des jeunes Français qui détestent à ce point nos valeurs qu'ils tirent sur des jeunes à un concert".

"On a abandonné l'école républicaine"

Natacha Polony estime que la solution vient de l'éducation: "L'école existe, elle sert à forger le creuset de la nation. Ca fait des années qu'on a abandonné cette dimension de l'école républicaine, la transmission d'un récit national qui permette à chacun de comprendre que la société est le produit de toute une histoire. On ne comprend pas la laïcité aujourd'hui, si on ne connait pas l'horreur qu'ont été les guerres de religion".

Et d'asséner: "Si une part de la population a un problème identitaire c'est notre problème à tous parce que nous avons un problème à définir tous ensemble ce que nous partageons avec ces jeunes".