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Nice: "Celui qui affirme qu'en étant au pouvoir il aurait empêché l'attentat est démagogue, irresponsable"

Olivier Falorni, plaide pour un "état d'urgence permanent".

Olivier Falorni, plaide pour un "état d'urgence permanent". - AFP

Quelques heures après l'attaque de Nice les politiques de droite ont torpillé le gouvernement, accusé de ne pas avoir apporté les réponses suffisantes pour empêcher ce qui semble être un attentat terroriste. Un discours démagogique pour Olivier Falorni, député membre de la commission d'enquête sur les attentats, qui réclame un "état d'urgence permanent".

Les messages de soutien et de solidarité pour les victimes de l'attaque de Nice ce sont exprimés partout dans le monde. Une émotion également énoncée par les hommes politiques de tous bords confondus. Mais cette fois encore, l'union nationale n'aura été que de courte durée. Dès ce vendredi matin, les politiques de droite ont réclamé des explications du gouvernement, Alain Juppé en tête.

Pour lui, "si tous les moyens avaient été pris, le drame n'aurait pas eu lieu", a-t-il déclaré sur RTL. Des propos partagés par Christian Estrosi, l'ancien maire de Nice qui a fustigé l'incapacité du gouvernement à empêché les attaques terroristes. Le député Georges Fenech a quant à lui demandé à ce que Bernard Cazeneuve "rende des comptes". Henri Guaino, candidat à la primaire Les Républicains a de son côté estimé que "l'attaque aurait aisément pu être évitée en postant un militaire avec un lance-roquette" pour stopper le camion.

"Démagogue et irresponsable"

Le député de gauche Olivier Falorni, membre de la commission d'enquête déclenchée après les attentats de 2015 dénonce ce discours.

"L'homme politique ou la femme politique qui aujourd'hui prétendrait affirmer que s'il était au pouvoir il aurait pu empêcher l'attentat de Nice est soit un démagogue, soit un irresponsable, soit les deux", juge-t-il sur RMC. 

Il prend pour preuve les éléments recueillis par la commission d'enquête dont le rapport a été rendu début juillet.

"Nous avons rencontré les services les plus performants du monde qui sont les services américains et israéliens. Les services américains n'ont pas empêché l'attentat d'Orlando. Israël subit quasi-quotidiennement des attentats à la voiture bélier, malgré toutes les protections dont ils disposent", constate-t-il. 

Pour un "état d'urgence permanent"

S'il reconnaît que dans les mois précédant les derniers attentats, des manquements ont pu survenir au niveau des services de renseignement français, Olivier Falorni considère que l'attaque de Nice n'est pas comparable. "La situation est différente. Nous avons un individu qui n'était même pas fiché pour terrorisme, pour radicalisation. Ne faisons pas preuve de démagogie", martèle-t-il. 

Pour autant, le député refuse de considérer que ces attaques sont "inévitables. Alors que François Hollande a annoncé la prolongation de l'état d'urgence, Olivier Falorni plaide pour "un état d'urgence permanent".

"C'est utiliser les outils dont on dispose avec l'état d'urgence: la rétention administrative, pratiquons-là plus. Les perquisitions administratives, faisons-les de manière plus nombreuses. Et puis utilisons de nouveaux outils: le bracelet électronique pour les individus jugés peu dangereux mais pouvant passer à l'acte".

Il propose également des rétentions administratives, voire "des incarcérations préventives". Des mesures très sécuritaires, alors qu'au contraire le leader d'Europe-Ecologie-les-Verts David Cormand dénonce la dangerosité d'un "état d'urgence pérenne". Une attitude "irresponsable" juge Oliver Falorni qui assume les conséquences de cet état d'urgence permanent: "Je suis un député de gauche, mais je suis prêt à restreindre un peu mes libertés pour gagner une guerre qui veut attenter à nos libertés".

C. B