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"On a l'impression que le parquet de Tokyo cherche désespérément des motifs pour incriminer Carlos Ghosn", estime son avocat

Le tribunal de Tokyo a annoncé jeudi avoir approuvé la libération sous caution de Carlos Ghosn, qui était retourné en prison début avril après une ré-arrestation surprise.

Carlos Ghosn pourrait sortir de prison dans les prochains jours. Le tribunal de Tokyo a approuvé ce jeudi sa libération sous caution. Le parquet a aussitôt fait appel, mais si ce recours suspensif est rejeté, le magnat de l'automobile déchu de 65 ans pourra retrouver rapidement la liberté, peut-être même dès ce jeudi.

L'avocat de Carlos Ghosn, Jean-Yves Le Borgne, ne croit pas à l'appel du parquet: "Le parquet japonais a fait appel dans la droite ligne de son activisme très soutenu à l'encontre de Carlos Ghosn. Lorsqu'il avait été mis en liberté la dernière fois après 108 jours, le parquet avait aussi fait appel. Cet appel avait été sans suite, j'espère qu'il en sera de même avec ce recours intenté aujourd'hui et que mon client sera libéré dans les jours à venir".

Selon lui, Carlos Ghosn subit l'acharnement de l'accusation:

"On a eu l'impression que le parquet de Tokyo cherchait désespérément des motifs pour incriminer mon client. Je pense que Carlos Ghosn gênait dans la politique de gouvernance de Nissan. Il voulait rapprocher davantage Nissan, Mitsubishi et Renault. Les Japonais étaient farouchement opposés à cette hypothèse. D'ailleurs récemment, Renault a fait une proposition de même nature à Nissan, et dans quelques jours on aura la réponse qui sera probablement une fin de non-recevoir ce qui démontrera que la politique que Carlos Ghosn voulait conduire était inadmissible pour les Japonais".

Assignation à résidence

S'il sort de prison, l'ancien grand patron sera soumis à de strictes conditions: "assignation à résidence, interdiction de quitter le Japon et autres conditions destinées à empêcher destruction de preuves et fuite", a précisé le tribunal.

Le dirigeant franco-libanais-brésilien est sous le coup de quatre inculpations pour diverses malversations financières, dont des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux cas différents d'abus de confiance aggravé.

La dernière affaire, qui apparaît la plus sérieuse aux yeux des experts, porte sur des détournements présumés de fonds de Nissan, pour un montant de 5 millions de dollars, selon le bureau des procureurs.

Paulina Benavente