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Patrick Maisonneuve sur RMC: "Pierre Bérégovoy m'avait annoncé sa décision" de se suicider

L'avocat Patrick Maisonneuve, était l'invité des Grandes Gueules ce jeudi sur RMC. Celui qui était l'avocat de Pierre Bérégovoy révèle que l'ancien Premier ministre lui avait annoncé son intention de mettre fin à ses jours, quelques jours avant de passer à l'acte.

Le 1er mai 1993, à Nevers, Pierre Bérégovoy se donnait la mort en se tirant une balle dans la tête à l'aide de l'arme de service de son garde du corps. Plus de vingt ans après, son avocat à l'époque, Me Patrick Maisonneuve, a décidé de révéler dans un livre qui vient d'être publié (Justice et politique : le couple infernal, chez Plon) que son client lui avait annoncé, peu de temps avant, son intention de se donner la mort.

"Pierre Bérégovoy s'est donné la mort, et dans les jours qui précèdent cet événement tragique, il m'avait très clairement dit qu'il avait pris la décision de partir très loin, me demandant de m'occuper de ses enfants s'ils en avaient besoin", raconte Patrick Maisonneuve ce jeudi dans les Grandes Gueules, sur RMC. "J'ai essayé de lui faire changer de décision". En vain.

"Il était totalement envahi par sa mise en cause"

Pierre Bérégovoy, "acculé médiatiquement" en raison de l'affaire du prêt Pelat (un prêt sans intérêt d'un million de francs obtenu auprès de l'homme d'affaires Roger-Patrice Pelat, un proche de François Mitterrand pour l'achat d'un appartement à Paris, en 1986, NDR), et rendu en partie responsables de la large défaite de la gauche aux législatives de 1993, n'en peut plus. "Il était totalement envahi par cette mise en cause médiatico-judiciaire autour du prêt Pelat et de la défaite des législatives", confirme son avocat.

"Le devoir de défense peut aller au-delà de la mort"

S'il s'est "interdit d'en parler" pendant toutes ces années, l'avocat a décidé de sortir de son silence pour mettre fin aux rumeurs qui, vingt ans après, perdurent, selon lui. "J'étais son avocat pendant les mois qui ont suivi sa mise en cause (dans l'affaire du prêt Pelat), et je me suis interdit pendant des années de venir discuter ce qui était dit ici ou là: la thèse de l'assassinat, d'un commando… Et puis j'ai estimé que le devoir de défense pouvait aller au-delà de la mort. Qu'on ne pouvait pas priver Pierre Bérégovoy de la décision qu'il a prise à ce moment-là et la confisquer dans des hypothèses farfelues", explique Patrick Maisonneuve.

Philippe Gril avec les GG