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Peut-on dire d'un steak qu'il est végan? "C'est un manque de respect pour les éleveurs"

Les "steaks végan" se démocratisent et apparaissent à la table de plus en plus de restaurants. Mais certains s'émeuvent de cette appellation "steak" et doutent de leur bienfaits pour la santé et la planète.

De plus en plus d'enseignes de grande distribution et de restaurants proposent à leurs clients des "steaks végan", donc des steak sans viande. Souvent fabriqués à partir d'une base de soja ou de lentilles, ce sont en réalité des galettes, mais l'appellation "steak" dérange certains défenseurs de la viande.

C'est le cas du médecin généraliste toulousain Jérôme Marty, intervenu dans Les Grandes Gueules ce mardi. Il estime qu'au vu du travail rigoureux des éleveurs pour fournir les vrais steaks de viande, c'est un manque de respect de dénommer "steak" ces galettes de légumes.

"Mal nommer un objet c’est ajouter au malheur de ce monde, comme disait Camus. Ils appellent ça steak pour attirer les gens vers cet espèce d’objet dont on ne sait jamais vraiment ce qu’il y a dedans. Quand on voit à quoi sont tenus les éleveurs en termes de normes, de surveillance, d’encadrement, appeler ce truc un steak, c’est nier totalement le travail des paysans et agriculteurs."

"Entre de la viande élevée à l’herbe qui pousse sur mes sols et un steak de soja produit en Amérique du sud..."

L'agriculteur Didier Giraud est d'autant plus concerné qu'il est lui-même éleveur de bovins et voit que le mouvement végan prend de plus en plus d'ampleur. Il est "révolté" par ces steaks végan qui sont une tromperie contre-productive pour le bien de la planète selon lui.

"Le soja, les lentilles, ça n’a pas le goût du boeuf. Un steak c’est un steak! Posons le débat sur la sécurité sanitaire. Moi on me fait la guerre avec mon élevage, alors que pour mes bêtes, j’archive pendant cinq ans chaque millilitre de médicament, de vaccin qui leur a été injecté. Et là, on va servir un truc avec des exhausteurs de goût, des conservateurs et on va appeler ça steak. Moi c’est un truc qui me révolte. Entre de la viande élevée à l’herbe qui pousse sur mes sols et un steak de soja produit en Amérique du sud, accélérant la déforestation et à grands coups de pesticides..."

"Si c’est le fruit d’une alimentation ultra-transformée ça peut être tout aussi délétère qu’un produit animal"

Un auditeur est intervenu au 3216 pour témoigner de son expérience au niveau, et il n'est pas forcément convaincu. "C’est surtout pas bon. Et j’ai demandé à deux serveurs ils ne savaient même pas ce qu’il y avait dedans", nous a confié Christophe, éducateur sportif en Loire-Atlantique.

Anthony Berthou, nutritionniste, est également intervenu dans ce débat: "Ca dépend ce qu’il y a dedans. Si c’est le fruit d’une alimentation ultra-transformée ça peut être tout aussi délétère qu’un produit animal." Le spécialiste de l'alimentation met en garde ceux qui voudraient suivre un régime végan: "Le danger ce sont les personnes qui veulent faire un régime végan sans faire attention à l’aspect nutritionnel." Les carences en vitamines B12 doivent notamment être suivie de près.

James Abbott