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Pollution aux particules fines: "Si on les mesurait au quotidien, on multiplierait les alertes pollution"

Dans son livre Irrespirable, le documentariste Jean-Christophe Brisard s'est penché sur la pollution aux particules fines. Il estime que leurs effets sont minimisés.

En France, on estime que 67.000 décès par an sont liés à la pollution. Et pour le documentariste Jean-Christophe Brisard, les autorités ne prennent pas la mesure de la part des particules fines dans la pollution de l'air.

"J'ai découvert que l'Etat sait beaucoup plus qu'il ne veut bien nous dire. Les scientifiques informent nos dirigeants que la situation est pire que prévue et pourtant rien ne change", a-t-il expliqué chez les GG.

Dans son livre Irrespirable, le scandale de la qualité de l'air en France, il déplore le fait que l'on s'intéresse assez peu au taux de particules fines: "On sait techniquement les mesurer mais l'Europe ne nous oblige pas à le faire au quotidien. C'est seulement à la fin de l'année que l'on fait une moyenne, et que l'on voit si on est au-dessus des seuils. On sait quel est le niveau de la pollution aux particules fines, mais comme il n'y a pas d'obligation à avoir des limites, on respire de l'air pollué en toute légalité".

"On ne mesure pas assez les particules fines"

Et d'insister: "On ne mesure pas assez les particules fines. Sur 60 capteurs, Air Parif n'en a que 13 capable de les mesurer. Si on les mesurait au quotidien on multiplierait les alertes pollution. Ce qui aurait des conséquences économiques, d'où cette volonté de ne pas aller trop loin, trop vite contre cette pollution".

"C'est comme pour le tabac. Dans les années 70-80, on se demandait si c'était réellement nocif, aujourd'hui plus personne de sérieux ne peut revenir là-dessus. Les particules fines c'est la même chose. Sauf qu'à moins d'être très fort en apnée, on respire tous cet air, on n'a pas le choix. On est tous des victimes potentielles", explique-t-il aussi.

Paulina Benavente