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Scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans: "Si c'est pour garder des élèves qui ont 6 de moyenne…"

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- - Frederick Florin - AFP

Pour Fatima Aït Bounoua, professeur de Français en Seine-St-Denis, l'idée de rendre la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans, avancée par la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem, est une bêtise. Elle explique pourquoi ce mercredi dans les Grandes Gueules.

"Rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans ? Si c'est pour garder des élèves comme on le fait actuellement : redoublement interdit, un enfant qui a 6 de moyenne et qui passe, qui passe, et qui repasse… et qui souffre. Comment peut-il suivre ? Et on se retrouve avec deux, trois, cinq voire dix élèves dans la classe qui ne suivent pas et qui empêchent les autres élèves de suivre aussi. On peut maintenir de l'autorité avec 10 élèves décrocheurs, mais quand dans une classe on met, comme ça m'est arrivé à Clichy-sous-Bois (en Seine-St-Denis), 17 élèves qui ont des problèmes dans le comportement et dans le travail, ça devient compliqué.

Et ça créé aussi de la souffrance chez les autres élèves, ceux de la majorité silencieuse, les petits gentils qui se taisent mais qui souffrent de plus en plus d'années en années à cause de ces élèves qui ne suivent pas.

"Réglons déjà le problème des décrocheurs de moins de 16 ans"

C'est un leurre de parler de prolonger la scolarité obligatoire. J'aimerais que le ministère de l'Éducation nationale ne soit pas le ministère de l'ignorance nationale, qui donne l'illusion de maintenir tout le monde, de 2 ans à 18 ans, à l'école. Pour moi il faut améliorer l'orientation et c'est une bonne chose par exemple de parler de 'l'intelligence des mains' comme le fait Bruno Le Maire (un des candidats Les Républicains à la primaire de la droite et du centre, NDR).

Plutôt que de rendre obligatoire l'école jusqu'à 18 ans, on pourrait déjà s'occuper des enfants décrocheurs de moins de 16 ans qui sont déscolarisés - ceux qui ont été exclus pour des problèmes de disciplines, par exemple -. Réglons déjà les problèmes avant d'en rajouter d'autres".

P. G. avec les GG