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Sonia Mabrouk: "Les femmes sont des jihadistes comme les autres"

La journaliste et romancière publie un roman retraçant la rencontre entre une journaliste et une femme musulmane radicalisée, et veut mettre le doigt sur un impensé dans notre société: l'éventuel retour et la rédemption d'enfants de jihadistes.

La journaliste Sonia Mabrouk a choisi la voie du roman pour parler d’un sujet de société controversé: le jihadisme et particulièrement l’embrigadement des jeunes enfants. Dans un livre intitulé Dans son coeur sommeille la vengeance, elle parle notamment d’enfants qui grandissent dans le jihadisme et pour qui tout est brouillé et nuancé. "Le roman est une façon de voir ce sujet d’actualité sous une autre dimension", justifie-t-elle pour le choix de la forme. 

Concernant le fond, estime-t-elle que les enfants sont des victimes ou bombes à retardement ? La question du rapatriement de ces enfants est très compliquée concède la journaliste.

"Quand on parle du retour d'un enfant jihadiste, il est impossible qu’il n’y ait pas un doute qui nous tenaille"

"C’est très difficile de trancher. C’est une situation totalement inédite en France et ailleurs. Moi je voulais mettre le doigt sur un impensé dans notre société. Quand on parle du retour de jihadistes majeurs, tout le monde a un avis tranché. Quand on parle du retour de l’enfant il est impossible qu’il n’y ait pas un doute qui les tenaille. SI on ne croit pas en la rédemption de l’enfant on ne croit plus en l’école, on ne croit plus en la France…"

Quid des femmes de jihadistes? Sont-elles également des victimes ou restent-elles par choix?

"Pour moi les femmes sont des jihadistes comme les autres. Pour celles qui sont parties et restées, il n’y a aucune forme de circonstance atténuante. Est-ce qu’une femme ne peut pas tenir une arme? Est-ce qu’une femme ne peut pas avoir des idées radicales et extrêmes? Je crois que, pour certaines, elles ont été le moteur de la radicalisation. C’est d’autant plus inquiétant qu’elle est une mère, une soeur et une femme donc potentiellement elle peut propager davantage cette idéologie."
J.A. avec Bourdin direct